22 novembre 2014

Respirer la liberté



J'arrive pas à profiter du temps qui passe. Dans ma tête y'a que l'envie d'être ailleurs, que la vision de mes doigts dans l'encolure de sa chemise. Et sa voix: qu'est-ce que tu fais, api? Avec un sourire: j'ai trop envie de te déshabiller. Dans ma tête encore et encore ce moment inventé se répète et me mène ailleurs qu'ici, partout depuis une semaine, en fait.



16 novembre 2014





FUCK YOU OVILA PRONOVOST.






10 novembre 2014

Jamais, pour toujours.



Ne s'engager plus jamais.
Avec personne.
Sous aucun prétexte.

Parce que l'amour
ça dure jamais toujours.



Dans ce cas-ci, faut toujours dire jamais.








02 novembre 2014

Souvenirs d'adieux qui n'en étaient même pas, encore



Il avait enfilé son manteau de moto comme une armure.

Je fixais le tapis.

Quand il m’a serrée sur lui, j’ai senti juste comme une boite de plastique sous un tissu rugueux. Un mur entre nos deux corps. On empestait le feu. Dans l’air il ne restait rien de son odeur comme épicée. Juste le feu. Sauf que dans mon cou je percevais quand même son souffle.
Fort.
Il avait mis son armure, mais dans ses yeux il y avait plein d’eau, pareil. Je m’essuyais le nez avec les trop longues manches du kangourou trop grand de mon frère. Ça puait le feu. Je voulais pas de ma morve sur sa veste. Je voulais pas pleurer encore. J’ai fait comme toujours pour que ça arrête.

Arrêter de respirer.

Tout crispée dans mon absence de respir, ça s’est mis à trembler tout seul dans mes bottes de pluie. Il a serré plus fort et l’air revenu à mes poumons a fait boum, j’ai inspiré dans un grand bruit. Pathétique. En fin de compte j’ai juste pleuré encore, plus fort. Dans ma tête c’était un carrousel fou de pars pas s’il te plait, pars pas, s’il te plait pars pas encore.

- J’suis pu capable de t’dire adieu. Pu capable.

Ma voix cassée sonnait comme une toune d’amour plate. On n’est pas obligés de se dire adieu, qu’il a dit en chuchotant presque. J’ai fait deux pas en arrière, levé mon regard du tapis en reniflant et j’ai mis tout mon courage en-dedans d’une phrase minuscule :

 - Oui, on est obligés.


Sa main sur la poignée de porte, moi j’ai juste fait demi-tour et sans me retourner, écouté les sons de son départ. Sans me retourner, de peur de ne jamais le voir se retourner. J’aimais mieux me laisser imaginer que peut-être. Toute mon énergie se concentrait en une tâche.

Le silence.


Je me suis retournée juste à temps pour regarder filer sur le chemin la lueur rouge comme une étoile floue, pensant : c’est sûr qu’il s’est même pas retourné.