16 décembre 2013

Solitude emmitouflée

Je ne pouvais pas rester en-dedans avec mon double lendemains de veille et laisser la neige tomber toute seule comme ça.
Jusqu'au parc je me suis demandée ce que j'allais y faire, les mains vides, avec personne. Plantée au milieu du champ j'ai fait un tour sur moi-même avant de continuer, sans but. J'ai rêvé que j'avais un enfant à emmener glisser tellement j'aurais voulu me sentir connectée à quelqu'un dans le monde. Pas à toi qui travaille, à toi trop occupée, à toi pas intéressé, à toi trop loin. À quelqu'un qui n'a pas d'excuse pour être ailleurs qu'avec moi dans la tempête. Quelqu'un qui n'existe pas encore, apparemment.

De la poudreuse jusqu'aux genoux, mes pieds glissaient en-dessous, j'ai piétiné sur l'étang la forme d'un gros coeur dans lequel j'ai écrit "hiver". J'avais chaud. J'ai mangé une pomme en marchant partout sauf dans les traces des autres et j'ai presque fini par oublier que j'étais toute seule. Je suis revenue à la maison avec un sentiment de joie assez intense, parce que maman l'a toujours dit: si on attend après les autres pour faire quelque chose, on fait jamais rien. J'étais quasiment fière.


Mais ça me laisse songeuse, quand même. Je me demande tout le temps ce que j'ai fait et ce que je continue de faire pour que ne s'efface jamais cette frontière entre les autres et moi.