25 avril 2012

S'ils savaient...

Il y avait trop d'artistes à l'école aujourd'hui.

Aujourd'hui je suis tombée amoureuse au moins trois fois.

22 avril 2012

"N'importe! elle n'était pas heureuse, ne l'avait jamais été. D'où venait donc cette insuffisance de la vie, cette pourriture instantanée des choses où elle s'appuyait? (...) Rien, d'ailleurs, ne valait la peine d'une recherche; tout mentait! Chaque sourire cachait un bâillement d'ennui, chaque joie une malédiction, tout plaisir son dégoût, et les meilleurs baisers ne vous laissaient sur la lèvre qu'une irréalisable envie d'une volupté plus haute."

(Flaubert, Madame Bovary)

20 avril 2012

Horreur

Quand lire les nouvelles te fait pleurer........




Ça se peut pas...


19 avril 2012

Insécurité

Et quand j'ai peur de ne pas dormir parce que je voudrais ne jamais vivre demain, je recommence à penser à toi, à t'imaginer juste là, comme pour me rassurer.

Mais je ne peux plus penser à toi, je n'ai plus le droit. Tu me manques. Toi?
Que tu es faible, dirait Emma, tu ne penses pas à lui par amour mais par besoin.
Sûrement.
J'aurais voulu être deux, m'endormir à deux.


"Ce qu'il ne comprenait pas, c'était tout ce trouble dans une chose aussi simple que l'amour."
(Flaubert, Madame Bovary)

17 avril 2012

Cauchemars

Il faisait trop chaud dans le dojang et j'ai pensé que c'était pour ça qu'il était allé s'asseoir un peu. Mais tout à coup il y a eu un son inquiétant, comme un cri de douleur étouffé, puis son visage tout crispé, ses pieds contractés au maximum, au ralenti il a basculé sur le côté, la tête dans le sac d'entrainement de Fanny et tout son corps secoué de partout, et son visage... Je ne le reconnaissais pas, j'ai paniqué. J'ai dit tout bas fuck il faut faire quelque chose faites quelque chose et je me suis reculée parce que c'est ce qu'il faut faire dans ces cas-là quand on ne sait pas quoi faire libérer la place à ceux qui savent à ceux qui sont utiles à ceux qui perdent pas leur sang froid. Moi du sang froid, zéro, j'ai pleuré comme une imbécile parce que son visage, ses pieds, son corps, sa voix. Et s'il ne se réveillait jamais? Et s'il restait légume pour toujours? Paralysé? Mort? Madame a dit continuez de réviser par vous-mêmes et ça se voyait que l'adrénaline avait pris le contrôle de son cerveau. Je voulais juste sortir du local mais je voulais pas attirer l'attention sur moi, et partir alors que j'aurais tellement voulu être celle qui sait quoi faire et qui arrange tout? Non.

J'étais figée, position parallèle, j'osais pas regarder parce que Madame a ordonné, mais je pouvais pas arrêter d'écouter. Il essayait de se lever mais les autres lui disaient de rester couché. À la fille venue avec sa trousse, il a fini par dire son nom, raconter sa journée, il a même ri un peu et c'est là que j'ai pu recommencer à faire ce qu'on attendait de moi: autre chose. Les ambulanciers l'ont emmené et j'aurais voulu sauter sur la civière et le serrer fort et lui dire combien j'ai eu peur mais dans ces cas-là il faut rester loin, s'ôter des jambes de ceux qui savent quoi faire et qui arrangent tout.


J'ai passé la nuit comme entre deux mondes, coincée dans mes cauchemars.


Ce matin, en entrant dans la classe, une élève me dit:
- Madame, ça va? On dirait que vous avez dormi sur la corde à linge.
- Dormir sur la corde à linge, vous dites encore ça à votre âge?

Je leur ai parlé de toi et leur ai raconté toute l'histoire en essayant de ne pas les traumatiser avec la violence des images que j'avais en tête.
Et alors on a fait comme pour Amélie. On s'est mis à 35 pour penser à toi et te faire guérir juste par la force de notre espoir grand comme la Terre. J'ai tellement hâte que tu lises leurs mots d'amour.

Ce sont des anges, ces jeunes.

16 avril 2012

83

Et je me retiens de pleurer parce que tu aurais eu 83 ans aujourd'hui et que tu me manques encore tellement.

14 avril 2012

Fin


"J'ai réalisé que j'avais envie de partager ma vie.


Mais je pense que c'est pas possible avec toi...



J'aurais vraiment envie que tu viennes avec moi... Qu'on passe du temps ensemble...
Mais c'est pas une bonne idée.

Parce que ça serait encore pas assez...



Et je pense qu'il est trop tard..."



Ce soir je t'ai embrassé pour la dernière fois.
J'espère tellement que tu as pas pleuré.
J'ai mal au ventre.
Je voudrais encore que tu puisses être là.

Je vais prendre un bain avec Flaubert.

10 avril 2012

Pourquoi pas: "Monsieur, s'il vous plait..." ?

En passant les portes du métro, je l'ai tout de suite remarqué, couché le long du mur. Au même moment, deux agents arrivaient de l'escalier, pour lui, c'était évident. Le premier, en s'avançant, a lâché un gros "heille!", puis, plus proche, plus fort: "heille!!", et encore plus proche: "HEILLE!!!"

Il a levé les yeux vers eux et j'ai arrêté de regarder, moi, et j'ai retenu mon souffle en descendant l'escalier. Je ressassais déjà plein d'idées noires et de paroles blessantes... Là, j'ai juste eu envie que le monde explose. 

04 avril 2012

Rencontre

J'avançais lentement dans la ruelle en fixant Vénus qui m'a rarement semblé si étincelante dans le ciel de Montréal. Au moment de baisser les yeux, il y avait une vieille dame à quelques pas, tout à fait arrêtée, son chien qui sautillait au bout de sa laisse avec, apparemment, l'irrésistible envie de s'approcher de moi. J'ai retiré un écouteur, lui ai dit: "bonsoir.
- Bonsoir.
- Il est jeune, non?
- Oh oui. 11 semaines."
J'ai pas pu retenir un "Oh mon dieu", pas tant à cause de l'âge du chiot, mais parce qu'elle le comptait en semaines. Continuant mon chemin, je me suis demandée si elle avait succombé aux conseils de ses proches en achetant ce chiot, devait-il éloigner l'ennui? avait-elle perdu son mari récemment? C'est l'idée qui m'est venue, un peu cliché sans doute, mais j'ai pensé que la chose à faire aurait été de m'accroupir pour caresser le chiot, et lui parler un peu, à lui, à elle, demander leur nom... Ils n'attendaient peut-être que ça, en réalité.

03 avril 2012

Joie... et déception

J'ai écrit à ma mère: "Pour Pâques, j'emmène pas mon chum, j'emmène trois chums!"

J'arrête pas de penser que vendredi après-midi, on sera tous les quatre en route vers le bas du fleuve, avec Little Talks et We are young à tue-tête. Direction: ma famille, la maison qui m'a vue grandir, la forêt, la rivière, la table de pool du St-Louis, la cabane à sucre. Oh non... on va manquer de temps. Sur un coup de tête, comme ça, c'était décidé. Il suffisait d'un "on va à Lapoc?" suivi d'un "on va à Lapoc!", et voilà.

J'arrête pas de me dire que je suis choyée d'avoir des amis comme ça, avec qui je pourrai partager toute mon enfance en moins de 48 heures.

Et en même temps, il y a cette déception encore et toujours, inévitable, du fait que tu seras ailleurs, comme d'habitude, pour de bonnes raisons, je peux pas t'en vouloir pour ça, c'est plus une incompréhension face à leur enthousiasme vs ton apathie, leur entrée dans mon intimité vs ton absence perpétuelle, leur oui spontané vs ton non que je dois deviner.

Je peux pas t'en vouloir pour ça, et ça sera pas pour te punir, mais je pense que bientôt j'aurai juste atteint la limite de ce que je pouvais supporter.