27 janvier 2012

Morceaux d'ailleurs

La tête trop pleine de mes journées qui débordent et de toutes ces solutions qui surgissent sitôt que j'arrête de réfléchir aux problèmes, impossible de lire. Les mots n'arrivent pas à se transformer en images dans ma tête, rien n'y reste, je ne comprends rien à l'histoire parce qu'à la fin d'un paragraphe, je n'ai même aucune idée de qui ou de quoi il était question. J'ai commencé trois romans comme ça, les ai laissés de côté un à un en rejetant la faute sur les livres alors que là où ça va pas, c'est dans mon histoire à moi, pas dans la leur.

Alors j'ai sorti de la bibliothèque trois cahiers que j'ai moi-même remplis, carnets de voyage en Inde. Presque trois ans qu'ils sont là et pour la première fois, j'y replonge. Ils sont tout sales - ils ont vraiment voyagé avec moi - et pleins de bouts de papier, carton, tissu, plantes, billets, rassemblés tout au long de la route. Ils sont beaux et faciles à lire. Il y a juste le contenu qui déçoit par moment, la superficialité des propos, le nombre trop grand de mots accordés à des futilités... Je relis des noms que j'avais complètement oubliés, puis j'ai des souvenirs très nets que je suis déçue de n'avoir même pas évoqués dans mes cahiers.

Avant de partir, je lisais les histoires de René et je me disais qu'il pourrait bâtir un roman avec tout ça. Mais moi, ça me frappe, je ne pourrai jamais écrire de roman, trop égocentrique, je ne peux qu'écrire la vie qui passe à travers moi, à peine la vie que j'ai vue, juste celle que j'ai vécue, avec trop d'émotions et pas assez de réflexions, trop d'introspection et pas assez d'observation.

C'est quand même fou, retrouver tout ces petits morceaux d'ailleurs.