31 janvier 2012

Rechute

Le futon d'ailleurs et nos corps allongés
Tous les autres, des satellites invisibles

Une nuit qui ne finit pas
Une guitare qui nous berce vers une aube retardée
Un premier métro qui jamais ne passe


J'aurais voulu, encore.

30 janvier 2012

Mon pays ce n'est pas un pays, ce n'est même plus l'hiver.

27 janvier 2012

Morceaux d'ailleurs

La tête trop pleine de mes journées qui débordent et de toutes ces solutions qui surgissent sitôt que j'arrête de réfléchir aux problèmes, impossible de lire. Les mots n'arrivent pas à se transformer en images dans ma tête, rien n'y reste, je ne comprends rien à l'histoire parce qu'à la fin d'un paragraphe, je n'ai même aucune idée de qui ou de quoi il était question. J'ai commencé trois romans comme ça, les ai laissés de côté un à un en rejetant la faute sur les livres alors que là où ça va pas, c'est dans mon histoire à moi, pas dans la leur.

Alors j'ai sorti de la bibliothèque trois cahiers que j'ai moi-même remplis, carnets de voyage en Inde. Presque trois ans qu'ils sont là et pour la première fois, j'y replonge. Ils sont tout sales - ils ont vraiment voyagé avec moi - et pleins de bouts de papier, carton, tissu, plantes, billets, rassemblés tout au long de la route. Ils sont beaux et faciles à lire. Il y a juste le contenu qui déçoit par moment, la superficialité des propos, le nombre trop grand de mots accordés à des futilités... Je relis des noms que j'avais complètement oubliés, puis j'ai des souvenirs très nets que je suis déçue de n'avoir même pas évoqués dans mes cahiers.

Avant de partir, je lisais les histoires de René et je me disais qu'il pourrait bâtir un roman avec tout ça. Mais moi, ça me frappe, je ne pourrai jamais écrire de roman, trop égocentrique, je ne peux qu'écrire la vie qui passe à travers moi, à peine la vie que j'ai vue, juste celle que j'ai vécue, avec trop d'émotions et pas assez de réflexions, trop d'introspection et pas assez d'observation.

C'est quand même fou, retrouver tout ces petits morceaux d'ailleurs.

23 janvier 2012

Trois ans

Grand-maman est morte il y a trois ans.
Si j'avais eu un enfant ce jour-là, il aurait trois ans aujourd'hui.
Le temps passe bizarre.
Trois ans. Ça se peut pas. Je l'entends rire encore.

21 janvier 2012

Time

Et quand tout à coup il prononce les mots pour lesquels je cherchais tout mon courage, qu'il prend la décision que j'ai lâchement déposée entre ses mains, que la fin, finalement, l'emporte, comme une désespérée je me débats pour qu'on trouve un dernier souffle de vie, pour que ça dure, encore un peu, juste le temps que j'arrive à dire je t'aime.

19 janvier 2012

Résumé

- Si on se laissait, est-ce que tu serais vraiment triste?
- ... Évidemment...
- Non mais, vraiment dans le sens de beaucoup...
- ... Ben... comme j'ai dit, je ressens tout... après coup...
- Hum...
- ...
- ...
- Et toi?
- Moi j'ai tout ressenti... avant.
- ...
- J'ai été triste...
- ...
- Puis j'ai décidé que j'avais été assez triste...



Puis je rentre trop tard et déjà je doute.

18 janvier 2012

Monsieur le chercheur

C'est peut-être parce que ses pommettes sont devenues rouges quand il m'a vue, ou bien c'est la fierté avec laquelle il m'expliquait le graphique des variations de ma glycémie. C'est peut-être juste qu'il est resté si près si longtemps comme si j'avais été un trésor tout à coup découvert, ou bien c'est qu'il est venu me dire bon matin avant d'aller prier, son tapis sous le bras. C'est peut-être parce que lui aussi il dort sur le ventre et qu'il a eu l'air heureux qu'on ait ça en commun, à moins que ça soit son accent du Liban? C'est peut-être un peu aussi qu'il ressemble étrangement à mon grand amour d'enfance, ou qu'il a partagé avec moi ses Corn Flakes comme si notre déjeuner avait été une date, avec vue sur Montréal s'il vous plait. Finalement c'est sans doute juste sa passion pour ma maladie que dans ma grande naïveté j'ai confondue qui a fait que j'ai un petit kick...

13 janvier 2012

Pleurer encore

Échapper des larmes dans mon eau de vaisselle comme si ma mère avait été retrouvée morte. Avec du bruit là, des vrais pleurs de bébé. Plus jamais je veux revivre ça, et je parle pas de la vaisselle. Premier moment de la semaine où je prends une grande inspiration et que tout à coup ça me frappe, ce qui va pas. Lui. Ben oui. Juste ça, finalement. Mais quand même pleurer comme une madeleine en frottant le fond du chaudron. Une scène de film.

J'ai essuyé les ustensiles en pensant qu'il m'arrivait peut-être juste la même chose qu'à 10 ans. Passer la semaine à courir dehors au soleil, après une journée intense du lever au coucher, sangloter dans le bain sans pouvoir m'arrêter et dire à ma mère: non, je sais pas pourquoi je pleurs.

Là je le sais, mais en tout cas... Pleurer pour ça?

Vendredi 13 janvier, 20h40, je m'en vais me coucher. Bye.

09 janvier 2012

Visite...

C'est une chose qui arrive jamais. Sans crier gare, ça a frappé à ma porte.
J'ai perdu la tête, j'étais sûre que c'était toi.
Ça cognait fort dans ma poitrine comme si tu avais jamais cogné à ma porte, comme si tu m'avais jamais vue en pyjama; parce que je voulais aller me coucher drette là, parce que je savais pas encore comment agir face à toi et surtout parce que je sentais sans doute la bière.

Ben non.
En ouvrant la porte mon sourire niais a fondu.
C'était un gars de Bell qui voulait m'offrir un nouveau service. À sa manière de parler, on aurait juré qu'il avait passé la journée dans le bloc à attendre mon retour.
- Mais je ressens pas le besoin de changer de compagnie...
- Pour l'instant on en n'est pas là, on veut juste voir si on peut vous offrir mieux.

Quand il a su que j'avais ni téléphone ni télévision, il a fait un gros X sur sa feuille et il est parti... Sur le coup je me suis dit: pauvre Bell, ils sont vraiment dans le trouble. Après je me suis rappelé de toi, comme si tu avais jamais cogné à ma porte, pis j'ai fait dans ma tête à peu près comme mes élèves aujourd'hui devant l'explication du devoir d'arts plastiques: WTF???

Relativité

Il fut un temps où 19h30, c'était encore tôt pour moi.
C'est peut-être juste une "mauvaise" passe.
Sinon j'ai peur d'être nostalgique à jamais.

08 janvier 2012

Dimanches soirs

Je déteste les dimanches soirs.
Je les ai toujours détestés.
Je veux juste dormir mais mon coeur bat trop vite parce qu'ensuite c'est lundi.
Au réveil ce sera lundi, avant le soleil, lundi.
J'aurais voulu que tu sois là pour me faire oublier que ce soir c'est dimanche.
Comme d'habitude j'aurais voulu.

Conjuguer au présent, des fois j'ai peur que ça m'arrive jamais.

07 janvier 2012

Utopie

J'aurais juste voulu qu'on puisse faire l'amour et que ça veuille rien dire, genre, vraiment rien dire, qu'on n'en parle plus jamais et surtout, qu'on pense même pas à recommencer.