30 novembre 2011

Ce qu'il faudrait taire

Elle racontait avec enthousiasme qu'il la laissait être intense, qu'il l'encourageait même à libérer sa passion, sans retenue. Il y avait juste du bonheur dans sa voix, une espèce de bonheur que tu comprends mal et dont tu doutes parce qu'un peu invraisemblable après toutes ces histoires qui t'ont dessiné quelque chose que tu as pris pour de l'amour mais qui était complètement autre chose. Juste du bonheur sur un ton un peu incrédule, mais du bonheur parce que, comme elle dit, "c'est comme ça que c'est supposé commencer, une relation amoureuse".

Ça m'a tourmenté le reste de la journée parce qu'elle a raison et que moi je suis encore dans la situation où c'est complètement autre chose, où tu aurais tellement voulu, où tu voudrais encore tellement, mais.

Il a dit: j'ai l'impression que tu fais plein de concessions pour moi, alors que moi j'en fais aucune.

J'aurais dû lui dire que la seule concession que je fais, c'est de me retenir, sans arrêt. Me retenir d'être tout à fait ce que j'ai envie d'être. Comme si ce que je faisais était mal, comme si j'étais coupable encore de mes sentiments, comme si éprouver de l'amour au grand jour c'était prohibé, comme si tout ce que je pouvais faire avec mes besoins c'était semer du malaise partout, comme si demander était un crime dont je devrais avoir honte.

29 novembre 2011

Enfantillages

Mon désir de neige est devenu si violent et mon horreur de la pluie, si pénétrante, que j'ai développé une haine virulente et incontrôlable envers tous ces cons qui sont contents qu'il fasse chaud, CONTENTS!
Mon désir et mon horreur et ma haine, c'est tellement fort tout ça que dans ma colère j'ai tout confondu et je suis persuadée que c'est de LEUR FAUTE si l'hiver existe juste sur les cartes de Noël maintenant.

24 novembre 2011

Du genre à...

J'essaie toujours de saisir et de formuler l'essence des gens en me restreignant à une phrase qui commence par "il/elle est du genre à..." Je ne prétends évidemment pas à l'objectivité, loin de là, avec lui je cherche toujours la phrase qui me rendrait définitivement amoureuse.
Au début, je me disais: il est du genre à te caresser tellement partout qu'il trouve le moyen de te caresser même les pieds.
Depuis un moment, j'étais stable avec: il est du genre à chanter sous la douche.
Ça me paraissait plus représentatif de ce bonheur naïf qu'il porte éternellement.
Mais ce soir, j'ai eu envie d'en faire un personnage de roman tellement: il est du genre à capturer une souri dans un pot de Nutella vide pour la regarder manger et la libérer dehors plus tard.

23 novembre 2011

À fleur de peau

Il chantait naturellement juste et du bout des doigts parcourait mon visage.
J'avais le sentiment qu'on pourrait ne jamais se lasser de ce moment.
Il a juste fallu que je parte comme il faut toujours quelque chose quelque part dans la vie qui n'est pas qu'un film. S'il avait dit reste, peut-être qu'il aurait moins fallu, peut-être, mais non. J'essayais de partir, j'essayais mais...

"C'est bizarre... je me sens comme si on n'allait jamais se revoir."

Il m'a serrée plus fort, est-ce qu'il comprenait, est-ce qu'il partageait tout ça?

22 novembre 2011

5 à 10 centimètres pour cette nuit?

J'attends. Je suis pas capable d'aller me coucher. Pas capable de quitter des yeux la fenêtre.

J'aurais tellement, tellement, tellement voulu attendre la neige avec toi (que je soupçonne de moins en moins d'exister), qu'on boive du thé à la menthe en lisant ensemble le même livre à la chandelle en se touchant à peine, comme si la vie c'était rien qu'un film.

Désillusion

"Ce qu'il y a, soupira-t-elle, c'est que le monde va finissant peu à peu, et ces choses-là n'arrivent plus."

(Garcia Marquez, Cent ans de solitude)

14 novembre 2011

Des mots sur la création (qui me manque)

Toute la journée je brasse des mots. J'arrête même pas pour manger. J'alterne crayon et fourchette, mange des nouilles et des mots.

Des mots sur l'art
Des mots sur l'enseignement
Des mots sur la création

Toute la journée je lis, souligne, reformule. Des mots.

J'ai un gros problème de concentration, des fourmis dans les jambes, des idées des élans des passions que je voudrais suivre.

Des mots sur la création

J'ai envie de jouer avec mes découpures de journaux mon exacto ma colle, j'ai envie de continuer à remplir mon mur d'autoportraits, envie de salir toutes les pages de mon cahier de croquis, envie même de sortir peinture et pinceaux...

Il faut que je travaille. Et je travaille. Avec les mots. Avec frustration aussi, un peu.

13 novembre 2011

Je regrette qu'on m'ait appris à douter de l'amour.

11 novembre 2011

Houle

J'essaie de travailler mais mon esprit vole ailleurs, un sourire imbécile aux lèvres. Il s'en va vers toi que j'aime tout à coup tellement. Je m'en veux de t'en vouloir souvent de me décourager de te blâmer de baisser les bras toujours trop vite. Je me sens comme après une journée dans la piscine à vagues et je voudrais juste que tu me tiennes encore un peu plus longtemps serrée contre toi.

10 novembre 2011

Apocalypticodramatic

Il me regardait en souriant, genre on se comprendra jamais, comme attendant ma réaction, pis moi dans mes souliers qui faisaient floutch et mon manteau qui puait le chien mouillé, j'ai dit: mais moi je pense qu'il faut changer le monde. Il a souri encore plus grand, genre t'es folle. Genre t'es folle mais tellement belle et je t'aime. Fallait que je parte. J'ai même pas dit salut.

09 novembre 2011

Comme une envie d'apocalypse

Tout à coup ça va pas du tout.
Nulle part, avec personne.
Ma vie c'est faire semblant dernièrement.
Là je suis malade je fais de la fièvre je peux ben le dire que ça va pas super bien. Mais pour vrai, ça va mal, pas juste parce que ma tête veut éclater. C'est René qui a raison de s'inquiéter. Pis je suis tannée qu'on me demande comment ça va parce que chaque fois je peux pas faire autrement que semblant et ça me tue.
Le pire c'est quand tu peux pas dire pourquoi ça va pas. Tu le sais mais t'es pas capable de le dire.
T'as juste envie que la terre s'arrête, bang, pis que tout le monde pleure avec toi devant les décorations de Noël sur St-Hubert, mercredi le 9 novembre 2011.
Personne s'arrête.
Même moi, je pleure en marchant, parce que s'arrêter, voyons, s'arrêter, on n'a pas le temps.

07 novembre 2011

"L'amour est une peste!"

(Garcia Marquez, Cent ans de solitude)

05 novembre 2011

Un sourire au réveil

Alors que je rêve d'un monde d'eau dans lequel on se déplace en nageant ou en marchant sans être ralenti, le matin de mes 27 ans, avant que j'ouvre un oeil pour prendre conscience que pendant la nuit j'ai vieilli tout d'un coup, comme un fou il débarque chez moi les bras chargés de sentiments, les yeux pétillants, éclatant d'un bonheur qui te frappe même trop tôt, même les yeux encore tout collés.

Encore!
De la folie pour toute l'année, s'il te plait, encore! Je demande rien d'autre.

03 novembre 2011

Comme un amour immense qui fait pas mal

Zigzaguant entre les feuilles sur mes patins avant déjeuner les jambes molles la tête qui tourne.
Elle a eu 23 ans j'en aurai 27 tantôt et quand on parle c'est moi la petite fille pis elle aussi des fois c'est comme si toutes les deux on avait 14 ans.
Côte à côte on a dormi comme des bûches c'est vrai qu'on avait un peu trop bu et le plus drôle on a juré de recommencer.
Je vais être en retard mais ce que je voulais dire c'est que son amitié c'est comme ce que j'attendais même espérais sans y croire trop depuis genre le secondaire.

02 novembre 2011

Mon visage a déjà trop pleuré à côté du tien sans que tu voies quoi que ce soit

Il a demandé: est-ce que ça va?
J'ai fait semblant de trouver sa question impertinente alors que j'étais quand même émue qu'il ait vu.

Il a demandé: t'es sûre que ça va?
J'ai pas répondu, comme s'il avait juste rien dit et dans les escaliers, vite je suis passée devant en respirant bien fort pour pas que mes yeux pleurent.

Il a dit avant même de dire salut: t'es belle!
Ah oui? Moi je me sens super laitte.
Comment ça, y a-tu quelqu'un qui t'a dit que t'étais laitte?
Presque.


Tu vois rien toi? Tu vois pas que je suis triste?
Tu vois pas que je suis belle?
Je voudrais que tu me voies encore, comme avant, avant que mon visage soit si près du tien que tu ne le voies même plus pleurer.