27 octobre 2011

N'importe quoi (pas comme la chanson)

À l'abreuvoir il me demande "quoi de neuf?" pis je bloque, genre, qu'est-ce que tu veux répondre à ça quand il sait rien de ta vie, que tu l'as pas vu depuis plus d'un mois et que tu as juste le temps de remplir ta gourde? "Rien, tout, toi?"
Quoi de neuf, question de marde!
Il me demande comment ça va au téléphone, je réponds "pas pire" sans y réfléchir parce que de toute façon, c'était un "comment ça va" formel qui se fout bien de la réponse - la plus courte, le mieux.
Puis quand elle me demande comment ça va et qu'elle est évidemment intéressée par la vraie réponse, je bloque encore, je lève les épaules, sais pas. "Ma vie c'est n'importe quoi ces temps-ci". Comme une suite de faux pas conscients. Une série d'idées imbéciles après lesquelles je cours même en sachant que j'ai tort. Un gros paquets de tout ce que je devrais faire et que je ne fais pas, et vice-versa.

Elle veut que j'écrive.
Elle commande un message sur mon blog et je me dis ok, ça donnera ce que ça donnera.
Merde! Ce matin c'est n'importe quoi plus que jamais ma vie parce que même avec toi c'est redevenu une mauvaise idée parce que l'autre, tsé, l'autre, comme un fantôme que tu laisses trainer derrière tes caresses paresseuses, l'autre dont je voudrais achever le souvenir avant de mourir de culpabilité, ou avant de juste faire la pire connerie du monde qui en ce moment est plus tentante que, genre, n'importe quoi. Fuck! Je peux pas te dire ça, le penser c'est déjà trop et l'écrire, presqu'un scandale.

Je vais avoir 27 ans dans vraiment pas longtemps.
Il m'a dit toute l'année: à 27 ans tout le monde meurt, et il m'énumère toutes ces célébrités qui ont arrêté de vivre (par choix) à 27 ans. Ouin, la liste est longue.
Moi à 27 ans je voudrais juste mourir à moitié, je peux tu?

22 octobre 2011

Relative fatigue

Quand je lui dis à 19h30 que je me prépare à aller me coucher, elle répond "QUOI??? J'arrive avec une bouteille de vin!
- C'est tu grave si je reste en pyjama?
- Absolument pas."
Pendant quelques heures j'oublie la fatigue parce qu'il y a trop d'histoires à raconter, à dire, à expliquer, même si ça fait quoi, une semaine qu'on s'est vues?

Elle vient de partir, tout à coup je suis crevée à nouveau, il est déjà tard et je m'en fous. Demain c'est dimanche. Mais je repense à tout ça et c'est étrange, le lien que j'établis avec toi.

Sa folie spontanée comme ça, je voudrais qu'elle te fouette aussi, que tu débarques chez moi comme un fou éperdu de passion qu'on ne questionnerait jamais. Et je voudrais avoir avec toi cette facilité que j'ai avec elle de dire je t'aime.

20 octobre 2011

Des listes pour vivre

À la recherche d'idées, pleine ou vide d'idées, je fais des listes.
Débordée, désemparée, découragée, je fais des listes.
Un projet en tête, un travail à faire, un voyage à prévoir, je fais des listes.

Un problème à régler?
Je pourrais faire des listes.


Je suis vraiment pas du genre stressée, mais c'est assez clair que quelque part dans ma tête je dois être stressée, sinon pourquoi je ferais des rêves comme ça à répétition depuis déjà trop longtemps?
J'ai fait la liste de ces choses qui pourraient m'angoisser... Il y a celles qui m'apparaissent comme des fatalités auxquelles je ne peux rien, ou presque rien, et je ne sais pas encore ce que je ferai de celles-là. Il y en a d'autres qui m'ont déjà pris trop d'énergie et qui m'inspirent juste de la colère maintenant parce que je ne sais plus quoi faire pour que ça se règle. Il y a lui. Puis, il y a surtout ces choses que je repousse un peu, que je refuse d'affronter, qui chaque jour restent sur la liste des choses à faire, que je transcris sur la liste du lendemain.

René dit que les choses existent à partir du moment où on les nomme.
Je suis pas d'accord mais c'est quand même vrai que les choses existent PLUS, pour moi, si je les nomme. Maintenant identifiées, reste juste à agir pour vivre mieux pis arrêter de faire ces rêves horribles qui gâchent mes nuits.

Matins pénibles

Je sais pas si je vais bien. Ça se peut comme pas... Je fais beaucoup trop de cauchemars pour quelqu'un qui va bien.




16 octobre 2011

Encore

Il suffit d'à peine quelques heures d'absence pour que tu me manques.


Il fait peur, ce symptôme... 

15 octobre 2011

Il faut déjà partir

Par la fenêtre la journée me fait rêver qu'on n'avait rien à faire aujourd'hui, nulle part où aller, aucune raison de sortir de l'appartement, de la chambre, ni même du lit. Ça aurait été une journée pour regarder par la fenêtre et souhaiter que le vent, la pluie, le froid ne s'arrêtent jamais pour pouvoir rester là, dans la chaleur de nos souffles, sans culpabilité pour ces choses qu'il aurait fallu faire ou ces endroits où il aurait fallu aller.

J'ai pas envie qu'on soit aujourd'hui.

13 octobre 2011

Fraicheur

J'ai jamais été aussi forte, aussi insensible, aussi indifférente.
Face à lui je suis devenue quelqu'un d'autre. La même dans ses yeux, peut-être, mais en dedans tout se tient droit comme jamais.

Ses mains, son odeur, ses histoires. Lui dire au revoir. Tout ça m'est égal.

L'indifférence que j'ai tellement souhaitée et que j'ai trop longtemps cru impossible, elle enveloppe maintenant mon quotidien et tout parait simple, léger.
Grâce à toi.

Pour ça, c'est vrai, tu es comme la meilleure idée au monde.

11 octobre 2011

Ok

Je capote sur ses jambes.
Je peux tu le dire?
Je ca-po-te sur ses jambes.

09 octobre 2011

Kundera a toujours une phrase pour moi

Toujours au moment exact où il me la faut.

"Disons les choses autrement: toute relation amoureuse repose sur des conventions non écrites que ceux qui s'aiment concluent inconsidérément dans les premières semaines de leur amour."

Je suis comme: merde, j'suis faite...
Mais quand même.

(Kundera, Le livre du rire et de l'oubli.)

Fantôme

Pour la première fois je lui ai dit non.
Après quatre années d'un oui inconditionnel,
je lui ai dit non.

Étrange libération.


Étrange douleur.

08 octobre 2011

Rectification

Je me blesse moi-même.

Conjuguer pleurer

Rentrer avant qu'il soit vraiment tard en se laissant trainer les pieds dans le tapis de feuilles tout neuf
Pleurer dans l'air frais d'un soir d'octobre anodin parce qu'il ne pouvait être qu'anodin
Arrêter de respirer pour pleurer moins fort dans le froissement des feuilles même si y'a personne pour entendre, arrêter de respirer pareil parce que faire du bruit en pleurant c'est trop pathétique
Pis fuck! vouloir tellement changer plus que juste d'une saison
Au début j'ai pensé que ça serait vraiment différent
Pis non, je rentre encore chez moi toute seule en pleurant comme une conne, pis je viens l'écrire ici parce que sinon y'a personne jamais qui le saurait que moi dans ma vie oui je pleure des fois parce que les gens me blessent comme sans arrêt

06 octobre 2011

Faiblesse

Dans le noir je repasse tout ça dans ma tête et je me convaincs assez facilement que ce n'est pas une bonne idée. Puis dans mes rêves tu es là et j'ai tellement d'amour pour toi que le matin je me réveille tout fuckée.
C'est pas une bonne idée et c'est peut-être pour ça que je m'y accroche.
T'es pas une bonne idée et c'est sûrement pour ça que je veux voir jusqu'où on va se rendre comme ça, à l'aveugle, sans ambition ni rien.
J'ai comme peur de me surprendre à faire semblant. Là je me haïrais tellement.
Des fois je me dis que tu fais peut-être semblant, toi.
En tout cas.
De loin comme ça tout parait assez clair, c'est pas une bonne idée, mais je vais dormir bientôt.

03 octobre 2011

Bonheurs furtifs

Une fraction de seconde sur l'écran sombre de mon ordinateur, la lumière rouge du grille-pain, son reflet que je ne reconnais pas tout de suite, que j'identifie en une fraction de seconde comme une décoration de Noël. Il fait sombre dehors avant qu'il soit tard, je vais souper des toasts au beurre de peanut et pendant une fraction de seconde aujourd'hui, ça a été Noël.

J'ai hâte à la neige.

L'Amant

L'étoile sur le côté du livre blanc a attiré mon regard, le nom de l'auteure m'était familier - on me l'avait suggérée il y a 6 ou 7 ans, dans un atelier d'écriture. Ça commence "Un jour, j'étais âgée déjà..." et je continue de lire parce que c'est déjà parfait. Avant la fin de la première page, "Très vite dans ma vie il a été trop tard" et j'arrête, referme le livre. Je le veux.

Il est passé minuit, station Lionel-Groulx, trop loin de chez moi, j'ai des couteaux dans l'estomac. Je vais vomir dans le métro, c'est presque certain, la scène joue en boucle dans ma tête et ça me déconcentre alors je reprends la phrase du début. C'est trop bon. La tête qui tourne, il fait chaud, il fait froid, il fait trop chaud. C'est tellement bon, je plierais chacun des coins de chacune des pages.

J'ai pu me rendre à la maison, à bout de souffle mais sans vomir, ni dans le métro, ni sur le trottoir, nulle part.

Dormir. Ou lire.
Dormir. Il est trop mince ce livre. Il finira trop tôt, trop vite.


"Ce grand découragement à vivre, ma mère le traversait chaque jour. Parfois il durait, parfois il disparaissait avec la nuit. J'ai eu cette chance d'avoir une mère désespérée d'un désespoir si pur que même le bonheur de la vie, si vif soit-il, quelquefois, n'arrivait pas à l'en distraire tout à fait."

(Duras, L'Amant.)

02 octobre 2011

Résolution

"Pis toi, quand est-ce que tu commences à faire des enfants?"
J'ai fait un signe qu'il a dû interpréter comme un "je sais pas" alors que ça signifiait vraiment "je m'en fous, jamais peut-être, et alors?".

Note à moi-même: toujours trouver un moyen, une excuse, peu importe, pour ne plus jamais prendre le métro seule avec lui.