30 septembre 2011

Paix

J'ai rêvé de la fin du monde. Vraiment.
Des camions immenses qui roulent sur une plage qui monte à la verticale, des barbelés au sommet. Eux qui n'arrivent pas à monter, qui se font écraser. Un hélicoptère. Des bulldozer derrière les barbelés qui tout à coup décident d'avancer vers nous, les camions qui continuent de passer en bas comme des fous, les vagues meurtrières de l'océan sont comme le seul refuge possible. Je parle à René dans ma tête, comme au téléphone mais sans téléphone, on se donne rendez-vous innocemment et tout à coup je réalise: non, viens pas! J'ai vraiment envie de te voir mais je veux pas que tu meures! Puis je pense: mon frère s'en vient, merde, il faut que je trouve un moyen de l'en empêcher.

Mes vêtements sont mouillés, le soleil m'aveugle. Tout le monde a comme disparu, et moi je cueille sur la plage déserte des figurines d'animaux de la jungle, les dépose dans un ziploc. C'est des souvenirs pour qu'on n'oublie jamais qu'avant il y avait des animaux, je pense.


J'ai rêvé de la fin du monde, pis je suis sûre que c'est à cause de toi! Toi qui m'écris encore pour que je comprenne que tu m'as pas oubliée, pour me tourmenter encore, parce que la paix que tu m'as offerte en mai, c'était juste du bluff. Il faut que tu partes. Pour toujours. C'est la seule paix possible.

29 septembre 2011

"Les privilèges de la beauté sont immenses. Elle agit même sur ceux qui ne la constatent pas."

(Cocteau, Les enfants terribles.)

28 septembre 2011

Attente vaine

Comme d'habitude, je lisais en marchant (pas Anna Karénine, non, Anna Karénine est morte), mais les mots défilaient comme s'ils avaient été tout à fait dépourvus de sens et avec frustration j'atteignais la fin du paragraphe pour retourner aussitôt à son début. Le bruit de la vie autour m'empêchait d'entendre les personnages et il y avait dans mes pensées, en boucle comme un parasite, ma solitude conne. Je marchais plus lentement que toujours et en réalité, je faisais semblant de lire. Quand j'ai entendu derrière moi le zip sautiller au loin puis se rapprocher rapidement je me suis dit sans me retourner: c'est lui! J'ai été lente il a été vite. Je suis partie il m'a rattrapée.
Ben non, le bruit m'a frôlée, a filé au loin, j'ai même pas eu besoin de lever les yeux pour savoir que je m'étais plantée. La déception. Et en dedans, cachée, comme la honte de ne plus savoir où j'en étais dans la page juste à cause de ça.

Ça peut pas continuer.
Je deviens de plus en plus conne. Genre, à vue d'oeil.

C'est le temps de foutre le camp, vraiment, clairement comme dans: c'est fini. 

26 septembre 2011

Encore 60 pages

La nuit dernière, j'ai dormi 13 heures sans jamais me réveiller.
Tout le dimanche, j'ai travaillé avec une énergie nouvelle, l'esprit presque trop clair.
Vers 21h00, j'ai senti que peut-être je pourrais dormir tôt, encore, et demain travailler aussi bien.

Mais non.
Mes paupières sautillent, mon coeur bat trop vite.

J'ai lu 80 pages d'Anna Karénine sans un bâillement.
Maintenant je la déteste tellement que je comprends Tolstoï de l'avoir tuée.

1h00, les mots sont nets sur le papier, je ne saute pas de ligne, on dirait que toute la nuit je pourrais lire.
Mais je veux dormir.
Et je veux qu'Anna Arcadievna meure!

24 septembre 2011

Oui

Je pleure encore à cause de toi.




Fuck.

22 septembre 2011

Doute

"Quand je suis tout seul, ailleurs, n'importe où sans toi, je me demande si c'est une bonne idée nous deux et j'en doute. Mais quand on se retrouve, comme ça, ensemble, là ça me parait être la meilleure idée au monde."

20 septembre 2011

Cycle

Et........ je suis déçue.
Encore.
Déjà?

Fuir, ça serait peut-être une idée. Peut-être la meilleure.

Fuir, avant que ça fasse mal. Ou trop mal. 

19 septembre 2011

Il fronce les sourcils malgré lui, en même temps s'efface à moitié son sourire éternel. Son souffle se coupe et j'attends. Qu'il recommence à respirer. Que ça passe. J'attends, sans pouvoir arrêter de le regarder, en me demandant un peu ce qui défile derrière ses paupières closes. J'attends, et je me retiens. Dis-le pas, dis-le pas, dis-le pas. Avoir envie de le dire ce n'est rien. Dis-le pas.

16 septembre 2011

Soie

"(...) je suis là, quelqu'un pourra-t-il jamais effacer cet instant, mon corps que la soie ne recouvre plus, tes mains qui le touchent, tes yeux qui le regardent, (...) toi qui en moi lentement bouges, tes mains sur mon visage, tes doigts dans ma bouche, le plaisir dans tes yeux, ta voix, tu bouges lentement et cela me fait presque mal, mon plaisir, ma voix (...) mon corps sur le tien, ton dos qui me soulève, tes bras qui ne me laissent pas partir, les coups à l'intérieur de moi, la violence et la douceur, je vois tes yeux chercher les miens, ils veulent savoir jusqu'où me faire mal, jusqu'où tu veux (...)"

(Alessandro Baricco, Soie)

Travailler c'est trop dur

J'aurais tellement voulu avoir la capacité de travailler, travailler, travailler comme une défoncée. Travailler pour tout oublier. Travailler pour arrêter de rêver. Travailler pour avoir des idées pis surtout, travailler pour tuer les émotions. Travailler pour que le temps passe vite. Travailler, travailler, travailler plus parce que c'est ÇA la vie.

À la place je peux pas me concentrer, je peux pas rester en place, je peux pas avoir des idées, j'ai juste des émotions qui me sortent par les oreilles. Une émotion. J'ai hâte. J'ai hâte, j'ai hâte, j'ai hâte pis on dirait que c'est juste ça, ma vie!

Demain

C'était partout cette nuit dans mes rêves, partout.
Et ce matin, première idée consciente qui traverse mon esprit: demain.
Le soleil plombait sur mon lit et j'y suis restée un long moment à me répéter: demain...
Demain!

15 septembre 2011

Polype

Papa n'a pas de cancer. OH YEAH. Merci merci merci merci merci merci merci!

13 septembre 2011

Deux ans plus tard

Je suis tannée de cette page sombre...
De la lumière blanche qui fait un peu d'ombre,
C'est de ça dont j'ai envie.

Bientôt, ça changera ici!

11 septembre 2011

Une question sous une douzaine d'étoiles

Ce n'est plus très clair dans ma tête, ça ne l'a peut-être jamais vraiment été. Je n'ai pas dit ce que je pensais parce que sur le coup les bons mots ne me sont pas venus. À la place, j'ai débité des conneries, de ça il me semble que mon souvenir est assez net.

Avec amertume, avec lucidité peut-être, j'y repense.

L'amour ce n'est pas un but. Ce n'est pas une fin. Ce n'est pas un moyen.
C'est une condition essentielle.

J'aurais souhaité mille fois qu'il en soit autrement.

07 septembre 2011

10 jours

J'ai viré ma chambre à l'envers
Allumé les bougies dans la petite bibliothèque
Je lis Anna Karénine comme si je ne savais pas qu'à la fin elle se tue
Je lis encore parce que penser c'est trop et dormir c'est pas assez
Entre deux lignes je regarde le ton rougeâtre des murs, le gris du ciel
J'ai viré ma chambre à l'envers et
Dans mon coeur, la hâte irrépressible d'y être encore avec toi

Août

Après un mois d'absence, je redoutais son retour, un peu. Comme une amertume honteuse que je ne pouvais pas cracher, qui me faisait grimacer chaque fois que j'imaginais s'alterner les paragraphes de nos récits d'août séparés. Comme un faux deuil que je m'étais forcée de vivre par orgueil, l'idée du retour anéantissait mes efforts d'acceptation d'une nouvelle solitude que j'avais inventée toute seule, par orgueil encore. C'est con, j'avais décidé qu'il ne me manquait pas parce que je ne lui manquais pas et qu'il pouvait bien rester au loin toute la vie et on s'en fout.

Il était parti. Il ne m'avait pas abandonnée.
Il était juste parti. Il est revenu.
Je suis une vraie conne.

René, t'es mon meilleur ami.

05 septembre 2011

Qu'est-ce que je fais à Montréal déjà?

Des cris dans une balançoire qui monte beaucoup trop haut, beaucoup trop tard la nuit.
Des fous rires pour un hulahoop. Des fous rires qui font mal au ventre.
Des pleurs au-dessus des oignons pour les herbes salées.
Des pommes éclatées à la 22, des tibias égratignés par la forêt.
Des applaudissements et des wow à répétition sous les feux d'artifices.
Des mains de fou au poker pis surtout, les gars qui en reviennent pas que je gagne.
Des bleuets, des bleuets, des bleuets à se rendre malades.
Des cailloux qui planent sur l'eau du fleuve, au quai.
Des repas cuits sur le feu de camp, carrément.
Des palpitations quand vient le temps de sauter du toit du cabanon.
Des étoiles filantes dans le bras de la Voie Lactée.

Une semaine. Des moments de bonheur tellement simple. Finis.