31 mars 2011

"Moi ce qui m'a toujours paru bizarre, c'est que les larmes ont été prévues au programme. Ça veut dire qu'on a été prévu pour pleurer. Il fallait y penser. Il y a pas un constructeur qui se respecte qui aurait fait ça."

(Romain Gary, La vie devant soi)

29 mars 2011

"Ils avaient tous les trois les mains enfoncées dans les poches. Ils détestaient les gants. Si tu y réfléchis, de toutes les choses belles que tu peux faire avec les mains, il n'y en a pas une seule que tu puisses faire si tu as mis tes gants.
- On y va?
- On y va."

(Alessandro Baricco, City)

Tellement déçue de l'avoir déjà terminé...

16 mars 2011

Mais

Je me sens coupable mais c'est plus fort que moi. Chaque fois je regrette mais chaque fois je recommence. Parce que c'est pas ça que je veux vraiment. Mais ce que je veux c'est lui. Sauf que c'est pas ça que je veux. Ce que je veux c'est lui... Mais ça, c'est pas ça que je veux.

J'suis faite.

14 mars 2011

Monologue(s)

Elle parle beaucoup, et avec violence, avec ses bras, avec ses yeux, elle fait de grands mouvements, de longues énumérations, des phrases essoufflantes. Tout à coup elle se tait. Je recommence à respirer... en attendant. Il faut très peu de temps avant qu'elle ne reparte.

Puis, il y a elle, qui ne parle pas avec violence, pas même avec entrain, mais qui parle, inlassablement, advienne que pourra, elle poursuit son idée dans laquelle elle s'est depuis longtemps perdue, mais elle continue, quoi qu'il arrive.

Et qu'arrive-t-il? L'inévitable. La première, les bras en l'air, qui coupe la parole et pour qui ça marche d'habitude mais là non, alors elle s'entête en gesticulant, pendant que la deuxième poursuit sa lente psalmodie sans jamais laisser paraitre un quelconque dérangement. Et elles parlent, comme ça, pendant de très très très longues secondes, toutes les deux sans aucune pause, en ne se regardant même pas.

Parmi les spectacles les plus ridiculement tristes que j'ai eu à observer.

13 mars 2011

Suite d'une fin sans fin

Un décollage toutes les 16 secondes
3,75 crashs à la minute.

11 mars 2011

Une envie d'éternité

- J'ai failli pleurer...
- De tristesse?
- Non...
- De joie?
- Non...
- ...
- D'émotion.

C'est pas de la tristesse ni de la joie, mais une émotion indescriptible qui coupe le souffle. Une conscience vive de l'intensité de ce que j'éprouve pour lui.
La joie de sa peau contre la mienne.
La peine de son éphémérité.

09 mars 2011

Bien

À la question comment ça va? répondre ça va bien!
Et sourire, et provoquer des sourires parce que c'est vrai tout ça, le sourire et la réponse. Dire ça va bien sans regarder par terre, sans douter. Être crédible. Le dire avec enthousiasme parce que c'est vrai, pas par automatisme, ni pour éviter un malaise, juste parce que c'est vrai.
Ça va bien. Le dire.

Ça m'arrive souvent dernièrement.
Ça fait tellement du bien.
"Mais quand il te vient cette folle envie de pleurer, que ça te tord vraiment de partout, que tu n'arrives pas à arrêter ça, alors il n'y a pas moyen de dire un seul mot, plus rien ne veut sortir, tout te revient dans l'autre sens, à l'intérieur, englouti par ces damnés sanglots, naufragé dans le silence de ces larmes stupides. Malédiction. On aurait des tas de choses à dire... Et rien, rien qui arrive à sortir. Peut-on être plus mal fabriqué que ça?"

(Alessandro Baricco, Châteaux de la colère)

04 mars 2011

Suite de la fin

Tu es un gars.
Tu découvres qu'une fille fait ça.
À cause de toi.
C'est sûr, tu te félicites d'avoir pris tes jambes à ton cou.