27 février 2011

Message

J'ai déchiré un cœur dans l'essuie-tout sur lequel il avait posé ma brosse à dents et je suis partie. C'était presque comme prononcer le je t'aime qu'il ne veut pas entendre, celui qui tourne en boucle dans ma tête quand je me réveille la nuit à côté de lui, et j'ai hésité en pensant que déchirer un cœur dans un papier et le laisser là, c'était peut-être une autre de ces choses que je n'ai pas vraiment le droit de faire.
Tant pis. Ma brosse à dents dans mon sac sur mon dos je suis partie.

Une semaine plus tard:
- Tu as fait quoi du cœur?
- Il est là, sur le bureau.

Il était là, posé à plat avec des cents dessus pour ne pas qu'il s'envole.
C'était beau, c'était presque comme entendre le je t'aime qu'il ne veut pas prononcer.

18 février 2011

2012

- Je me demande c'est quand qu'on va se dire adieu pour de bon.
- Adieu pour de bon?
Il sourit. Je dis rien.
- On se dira jamais adieu pour de bon.


J'avais peur du jour où on se quitterait pour toujours.
Maintenant j'ai peur pour ma vie si ça n'arrive jamais.

17 février 2011

Tantôt il va pleuvoir

J'ai dévalé les marches deux par deux en boutonnant mon manteau, mon sac trop plein sur une seule épaule, une pomme entre les dents. En courant pour pas manquer le bus, les cheveux tout mouillés au soleil, j'ai même pas eu envie de mettre ma tuque et subitement, j'ai eu hâte au printemps. Tellement hâte de sentir sur mon visage le soleil chaud dans l'air frais. J'ai pensé à ce soir, à cette nuit, à demain matin. Des oiseaux gazouillaient. Ça ressemblait trop au bonheur.

14 février 2011

La fin (suite)

Parce que je ne sais pas si je suis célibataire ou en couple, sérieusement, je ne le sais pas.
Amoureuse, ça serait ça, mon état civil.

Parce que ma vie c'est un recueil de relations imaginaires.

Le 14 février 2011, c'est ça que je faisais.








09 février 2011

Colocation

Chez nous, la personne qui remplit le tapis de bottes/souliers/sandales, celle qui occupe les trois quarts de la pharmacie de la salle de bain et qui possède l'ensemble des produits faibles en gras/bios/légers dans le frigo, c'est mon coloc. Pis ce soir, il y a un œillet rose dans un beau petit vase en verre sur la table et je suis comme, quoi? c'est qui la fille ici?

08 février 2011

L'art c'est brutal mais c'est beau?

Ses yeux gris me dévisagent, tout brillants à cause de la fenêtre dans laquelle il neige, avec un sourire qui n'en est pas un. Elle attend que je parle. Moi je ne sais pas quoi dire parce que j'ai la bouche pleine de ses mots à elle. Je la remercie en sortant de son bureau mais je ne me sens pas si reconnaissante que ça, non je me sens trompée, pleine d'une tristesse un peu floue. C'est à cause de toutes ces idées qu'elle a injectées dans ma tête en gesticulant violemment, toutes ces idées que j'aurais pu avoir mais qui ne m'appartiendront jamais et qui font de l'ombre à mes idées à moi que je trouve juste connes maintenant.