28 novembre 2010

Bâiller entre deux sanglots

Peut-être parce que je suis trop fatiguée pour dormir. Trop triste pour dormir seule. Trop seule pour arrêter de pleurer.
Je dessine une espèce de bilan dans ma tête et c'est comme une étendue d'eau sale dans laquelle me noyer.
Noël qui approche et ce froid entre nous qui a bâti un mur, un mur qui ne semble pas la déranger et qui me donne envie de ne pas la voir. La musique de Noël sur laquelle je ne chante même pas, et la session qui achève alors que j'ai un retard tellement grand qu'il me paralyse.
L'école dont je suis fatiguée, mais ma peur d'entrer dans la vraie vie. Et mon envie de n'y jamais entrer, ma peur surtout de n'avoir pas le choix.
L'été à Matapalo qui danse dans ma mémoire triste, la nostalgie dorénavant qui emplit mes souvenirs de ces lieux que je ne reverrai jamais et de tous ces gens encore qui n'ont fait que défiler, qui n'ont laissé de marque dans mon âme que leur éternelle absence, y creusant comme un trou.
La solitude. La solitude d'une fin de semaine débordant de gens, le vide de ceux qui n'y étaient pas, ou à moitié, ou de pas assez près.
Le pire, la conscience que cette étendue d'eau sale ne pourrait être qu'une tasse de thé, si je mettais les bonnes lunettes pour la regarder, que les embûches sont minuscules et qu'elles ne valent même pas la peine d'être nommées, que le problème n'est pas le monde, mais moi.
L'impossibilité de dormir malgré l'épuisement.
Alors je sors du noir pour écrire ici plutôt que t'écrire directement à toi. Pour te dire que souvent j'oublie la force que j'ai eue de te demander de partir et que parfois tu me manques tellement que plus rien ne semble avoir de sens, jusqu'à ma vie.

Et je voudrais m'assommer, pour m'endormir sur le coup et si possible, arrêter de rêver à toi pour de bon.

25 novembre 2010

Mais la laideur et la vie, ça n'est pas la même chose

Descendre du bus et courir le chemin qu'il reste avec en main un livre mauve, courir pour arriver vite et continuer l'histoire. À la hâte, se coucher la tête à la fenêtre, oublier la soif, oublier les pieds froids, oublier même la fatigue, et lire à la lueur du jour qui s'achève.

Les pages jaunes posées debout sur ma poitrine, trop près de mon visage (c'est pas bon pour tes yeux dirait mon père) semblent générer leur propre lumière, et alors que le soleil disparaît dehors et que le gris sombre de ma chambre m'enveloppe, il se passe quelque chose tout à coup. J'ai quitté ma vie, le monde à l'extérieur de ces pages lumineuses a cessé d'exister, je suis la fille de la plaine, la fille laide de Yves Thériault.

Je voudrais n'avoir rien à faire ce soir.

22 novembre 2010

Laisse-moi partir, s'il te plaît

Je me sens tout à coup libre, libre de toi même si c'est probablement une illusion passagère dont je serai nostalgique dans quelques jours, quand tu auras su me regarder encore avec ces yeux qui me disent attends, ne pars pas, reste un peu plus.

Ce sentiment que quelque chose arrivera, quelque chose de spécial et d'inespéré, je l'ai encore, et cette naissante liberté de toi est jumelle de ce sentiment, je crois. À deux, ils sont comme un papillon dans le ventre. On dirait le bonheur ou quelque chose de fou comme ça, juste là, au bout de mes doigts. Mais c'est con, j'ai peur de n'avoir plus rien à écrire, si je tends les bras.

21 novembre 2010

Distraction

Depuis qu'il l'a rejoint à Istanbul, j'ai perdu le fil. Dans les montagnes du Cachemire, sur une route boueuse entre deux sommets enneigés ou dans le train serpentant vers Darjeeling, je voyais, entendais, sentais chacun des mots et l'histoire de Lutoslawski était presque la mienne. Maintenant je ne vois plus rien et dans l'élan d'un paragraphe, j'arrive au bout de la page et je n'ai aucune idée de l'endroit où je suis et encore moins à partir des yeux de qui je le regarde. Alors je reviens au début. Il me faudra une éternité pour me rendre à la fin de ce livre, mais peu importe, je recommence la page, parce que dans ma distraction, j'étais passée comme une aveugle sur des phrases comme celle-là:

"Peut-être n'était-ce qu'une ruse de l'esprit pour masquer ce vide qui nous habite, cette insuffisance acide que nous transportons partout avec nous et dans laquelle réside probablement l'essentiel" (J. Périer, Poussières d'Asie, p. 148).

Son problème

- Ben toi là-dedans, c'est quoi tu veux?
- Je sais pas ce que je veux, c'est ça mon problème.
- Hum... vraiment?
- Je veux être amoureux, c'est ça mon problème.
- Ben... tu pourrais devenir amoureux d'elle!
- Ça marche pas de même, j'ai pas une switch on/off de l'amour comme toi, moi.
- Arrête donc, j'ai pas une switch on/off.
- Ah non c'est vrai, est tout le temps à on.

18 novembre 2010

Sur un son de gramophone qui griche

Un débat à savoir lequel du premier ou troisième mouvement de Moonlight sonata est le meilleur, une barbe longue, une sheesha à la pomme et du thé noir, une peau qui illumine dans l'obscurité, du vin rouge sucré, des cheveux dans la bouche, du lait au chocolat, un parfum différent, quelques heures à peine avant le soleil.

Changer de vie ça commençait peut-être comme ça.

15 novembre 2010

Vertige

Je suis trop tannée d'être triste.
Je pensais que ça passerait, mais non, on dirait que c'est toujours de pire en pire.
Peut-être que c'est juste mon attitude qu'il faut changer. Comme ravaler l'envie de te dire de ne pas t'inquiéter pour mon coeur parce qu'il est déjà scrap de toute façon, et t'envoyer promener à la place. Comme te faire croire que je ne t'aime plus quand je voudrais juste faire l'amour une dernière fois avec toi même si une dernière fois avec toi j'en ai eu des dizaines déjà et que je sais que c'est jamais assez. Comme me convaincre que si je suis triste, c'est juste de ma faute et pas de la tienne. Comme faire semblant que ça va, mais mieux que ça, assez pour y croire moi-même.
Ça marchera pas. Faire semblant je suis nulle là-dedans et je déteste ça plus qu'être triste.
C'est un gros boum qu'il me faut. Un gros boum qui me réveille de ma connerie. Comme changer de vie peut-être. Aller ailleurs. Quitter Montréal et ne jamais revenir.

14 novembre 2010

Parce que j'ai le sens du bilan

Ça fait 5 ans que j'écris ici des trucs que je suis sûrement la seule à vraiment comprendre. 5 ans, j'arrive pas à dire si c'est long ou pas. Il est arrivé plein de choses, mais moi, j'ai pas changé. Ou à peine.
Au cours du dernier mois, j'ai parcouru les archives de ce blog pour réaliser que je pourrais copier coller plusieurs messages qui seraient encore tout à fait pertinents.


30-03-2006
C'est cave, parler de la société à la troisième personne

09-09-2006
On dirait qu'il y a quelqu'un d'autre que moi en dedans de moi qui cogne fort pour sortir de là.

21-09-2006
Montréal est une ville sale... surtout parce que les gens sont des salauds.

30-12-2006
Ça s'éteint...
Pas comme un brasier qu'on néglige d'alimenter.
Mais comme une ampoule qui grille.
Tout à coup, comme ça, j'arrête d'aimer.

01-01-2007
On m'a souhaité d'avoir tout ce que je veux.
J'ai dit merci.
Et j'ai souhaité savoir ce que je veux.

30-01-2007
On ne devrait pouvoir sentir le parfum d'une personne qu'en collant le nez à sa peau, et rêver de découvrir ce que l'autre sent comme on rêverait de l'embrasser pour la première fois.

02-02-2007
J'arriverais sûrement à être plus heureuse si je cessais une bonne fois de me demander qui je suis pour me laisser être tout simplement...

20-02-2007
La plupart du temps, ça me passe sous le nez sans m'atteindre, je n'y réfléchis pas, pas du tout, comme un coup de vent, rien, ça ne laisse pas de trace. Mais parfois, je suis happée, ça me transforme, je voudrais m'accrocher fort, arrêter le temps, et alors je ne pense plus qu'à ça une fois seule.
J'en ai marre que les gens ne fassent que défiler dans ma vie.

16-01-2008
Il n'y a pas d'attaches solides. Ça n'existe pas.
Il n'y a que la volonté humaine de toujours tout déchirer.

26-03-2008
L'avantage d'un monde continuellement en hypoglycémie, c'est qu'il n'aurait plus qu'une face.

13-07-2008
Offre pas des peanuts au vendeur de peanuts.

06-09-2008
Le plus dur, c'est le sentiment de ne jamais laisser dans la vie des autres le vide qu'ils laissent dans la mienne.

01-11-2008
Ce n'est pas que la mort me fait peur, c'est juste que je veux tellement vivre.

16-03-2009
Un amour sincère.
Une affection profonde.
Un désir ardent.
J'ai tout ça.
Si seulement ça pouvait être pour une seule et unique personne...

22-11-2009
Les autres sont de trop parce qu'ils ne sont jamais assez.

26-12-2009
"Une existence ne touche à une autre que par un tout petit fil." (Louise Dupré, La memoria)

Et les gens défilent. À la queue leu leu presque.
Ils arrivent et partent, comme si rien n'était. Et moi je me sens liée de partout, tiraillée par tous ces petits fils au bout desquels il n'y a plus personne.
Parfois, j'ai l'impression que si je n'avais pas tiré si fort de mon côté, la ficelle n'aurait pas cassé de l'autre.

La solitude qui blesse, c'est celle-là. Celle où le nombre impressionnant de fils cassés remplit le coeur et où la vie devient une menace pour les quelques fils naissants qui tentent, tout frêles, de résister à la peur, à la rancune, à la déception, à la distance, aux différences.

"Personne ne peut nous consoler. Chaque chagrin est le seul au monde." (idem)

31-01-10
Je joue avec le feu.
Pis toi, tout ce que tu trouves à faire, c'est me donner des allumettes.

C'est ma tendance à l'autodestruction qui me rappelle à l'ordre.
Parce que la vie toute droite toute propre toute belle, ça dure pas.
Faut que ça fasse boum. Faut que ça fasse mal.
Alors je pose des mines sur le chemin que j'emprunte tous les jours.
Et quand y'aura des miettes partout, forcément, c'est toi que je vais blâmer.

09-03-2010
Si j'ai commencé à penser à ton éphémérité avec regret, c'est le signe que déjà je t'aime un peu trop.

27-03-2010
Tu es comme l'amour dont je rêve.
Quand tu places api dans une phrase, ça transforme tout en poésie.

18-04-2010
Des fois comme en ce moment, je me dis : t'es mieux de t'aimer parce que, compter sur les autres pour ça, c'est comme perdu d'avance.

02-10-2010
J'aurais voulu avoir quelque part où aller sans savoir pourquoi, tout croche comme ça, juste parce que c'était impératif que j'y aille.

13 novembre 2010

Bye

J'aurais voulu que tu me dises attends.
J'aurais voulu pouvoir te dire viens.
Mais la vie avec toi c'est juste un bye.

11 novembre 2010

En traversant le quartier chinois avec mon meilleur ami

- C'est bizarre, j'ai l'impression qu'il va se passer quelque chose de spécial bientôt dans ma vie.
- Comment ça?
- Je sais pas, je sens ça...
- C'est dû à quoi?
- Je sais pas...
- Ben là, tu dois ben savoir pourquoi tu sens ça!
- Tsé, c'est comme quand tu vas voir un spectacle le soir pis que toute la journée t'as hâte, t'es excité... Ben c'est ça, ce sentiment-là, c'est lui que j'ai.
- Pis tu sais pas à quoi c'est dû?
- Non...
- Y t'est tu arrivé quelque chose?
- Pas vraiment...
- As-tu rencontré quelqu'un?
- Ben non...
- Es-tu amoureuse?
- Ben oui, comme d'habitude.

10 novembre 2010

After life

Dans ce film de Hirokazu Koreeda (1998), l'au-delà est un seul et unique souvenir revécu pour l'éternité. Une compagnie se charge d'accueillir le mort à qui elle explique le processus d'entrée au paradis. En trois jours, il doit faire le choix du souvenir qu'il souhaite emporter dans l'au-delà avant que tous les autres ne s'effacent. La compagnie reconstruit le contexte du moment chéri et à la fin de la semaine, c'est le visionnement de ce souvenir reconstitué dans un cinéma particulier qui clôt le rituel par lequel le mort est renvoyé dans cet instant de sa vie passée, moment qu'il revivra ad vitam aeternam.

La question me hante.
Je retourne des années en arrière dans mon cahier, les possibilités défilent dans mon esprit mais il y en a une qui refait surface sans arrêt. Chaque fois j'essaie de ne pas l'arrêter et je cherche un autre souvenir. Mais il revient. C'est la conscience que j'ai développée au fil du temps face à ce moment qui me pousse à vouloir l'abandonner, parce que je vois tout ce que je ne voyais pas immergée dans le moment présent, je me souviens aussi tout le mal qui a suivi et je ne pourrais pas vivre avec cette conscience, même minuscule, pour l'éternité. Mais si ce souvenir choisi est revécu exactement tel qu'il a été vécu la première fois, si ce moment est totalement hermétique, here and now, c'est lui que je veux.

Le plus écoeurant, c'est l'idée de passer son éternité avec quelqu'un qui a décidé de passer la sienne ailleurs... Mais dans mon souvenir, je ne le sais pas ça.

Novecento

Je l'ai commencé ce matin en attendant le bus, l'ai continué debout dans le métro et me suis rendue jusqu'au milieu en marchant vers le dojo. Je savais déjà que cette histoire était trop courte. Je tournais les pages en souriant et j'ai eu envie de rester dans le vestiaire. Je faisais adho mukha svanasana et impossible de vraiment faire le vide, je voulais la suite, je voulais sortir de là. J'ai lu en marchant, en dînant, et j'ai eu envie de ne pas me rendre à mon cours. Heureuse de sortir plus tôt d'un examen un peu facile, j'ai terminé le monologue à la bibliothèque et je suis restée un long moment dans son silence, à chercher quelle histoire j'aurais pu préférer à celle-là.

J'ai plié le coin de la page 15, en réalité la troisième page de texte, à cause de la phrase "Dans les yeux des gens, on voit ce qu'ils verront, pas ce qu'ils ont vu", et j'ai réalisé ensuite que je ne pouvais pas faire une pliure chaque fois qu'une phrase me saisissait. C'est un livre que je voudrais citer en entier.

08 novembre 2010

C'est dans le chaos que je m'entends penser

Mon frère et moi, de 5 à 15 ans, on a toujours eu les mêmes devoirs. Ma soeur, 2 ans plus jeune, partageait la table de la cuisine avec nous. Maman cuisinait presque toujours pendant qu'on travaillait dans nos livres et la musique jouait fort pour enterrer le bruit du malaxeur. Le silence n'existait simplement pas dans nos moments d'étude qui finissaient souvent en fous-rires. Étrangement, c'est dans ces conditions que je travaillais le mieux.

Seule dans ma chambre, je n'ai rien pour me déconcentrer et pourtant, impossible de rester concentrée sur le travail à faire. J'aurais besoin que ça bouge autour de moi, qu'il y ait du bruit, de la musique que je n'ai pas choisie, que ça sente le gâteau aux carottes, que quelqu'un me dérange, me fasse rire.

Travailler, c'est génial quand tout le monde travaille autour de soi, même à quelque chose de différent.

07 novembre 2010

Émotion créatrice

Comme une envie terrible d'exploser et d'éclabousser tout le monde.

8 septembre 2010

On parlait d'atelier, et tout ce que je voulais, c'était pleurer...
Pleurer devant un mur blanc, et le remplir de larmes multicolores.

06 novembre 2010

J'étais à moitié morte sur le divan du salon, mon bol de spaghetti même pas vide sur les cuisses, somnolant. Puis elle a sonné à la porte et mon cœur a fait boum, parce que c'est une sonnette mortelle. Mon coloc l'attendait, il a appuyé sur l'interrupteur pour lui débarrer la porte, a ouvert la deuxième porte et d'en haut des escaliers, l'a regardée monter. J'avais son visage en spectacle, illuminé par la lumière du couloir d'entrée, son visage qui souriait de partout et dont on comprenait tout en une fraction de seconde.

Si quelqu'un m'a déjà regardée comme ça, ça fait vraiment trop longtemps.

05 novembre 2010

Demain matin je dors

Avoir 26 ans, c'était surtout une bagarre éternelle de ballounes dans un salon plein de coussins et un gâteau au goût de chaï épicé. C'était un bouquet de compliments tellement grand que c'est plus facile de se rappeler du pot qui a suivi, mais un bouquet incroyable tout de même. Des câlins à l'infini comme j'en voudrais chaque jour, sans raison, juste parce qu'on s'aime, finalement. Avoir 26 ans c'était monter St-Denis sous la pluie parce que le dernier métro nous est passé sous le nez, et marcher dans un mini lac couvert de feuilles dans une ruelle en cherchant ce qui vient avant "la politique c'est d'la marde lalalala, j'mange des scorpions à la moutarde lalalala..." C'était prendre le bus de nuit parmi les ados complètement gelés et surtout, rentrer à la maison sous une bruine qui voulait se changer en neige et rêver à mes sacs magiques. Ah oui, avoir 26 ans c'était de loin, voir courir vers soi un petit monsieur rond avec une terrible moustache et réaliser juste après que c'était sans aucun doute Mario Bros. C'était un trottoir couvert de feuilles mortes dans ma rue parce qu'il a pas fait beau aujourd'hui, et des bas mauves au bout des orteils parce que des souliers qui faisaient floutch floutch.

Avoir 26 ans finalement, c'est me coucher en ayant au bord des lèvres une armée de mercis, merci merci merci merci merci.

04 novembre 2010

26 ans

Avoir 26 ans, c'était peut-être un party sans sa soeur et un bonne fête de sa part via Facebook. Avoir 26 ans, c'est sûrement trouver ça normal.

26 ans c'est trop pour moi je pense.
Je suis encore rien qu'une enfant.

03 novembre 2010

17 ans

Il était à peu près cette heure-là, le trois novembre d'il y a 17 ans, quand je suis entrée à l'hôpital pour plus d'une semaine. J'avais l'air d'un squelette avec une perruque blonde parce que ça faisait des semaines que le diagnostique aurait dû venir. Enfant sage que j'étais, ne sachant même pas ce que ça voulait dire, diabétique, j'avais déjà accepté la nouvelle. Ma chambre était remplie de ballons multicolores, maman m'avait acheté plein de pyjamas neufs et toute la classe m'avait envoyé une pile de cartes. Pas une méga carte dans laquelle ils auraient tous signé... Non, chacun une carte.

Ça fait 17 ans.
17 ans et je pense que ma sérénité s'est envolée à mesure que des rides ont commencé à apparaître sur mon visage. 17 ans et je n'ai plus envie de l'appeler mon compagnon, mon diabète de marde que je voudrais juste pouvoir sacrer aux vidanges! Non, je ne le vois plus du tout avec philosophie. Je suis tannée. Écoeurée comme jamais. Je veux m'en débarrasser! Je veux un remède! Fuck! Tout ça c'est la faute à l'argent. C'est la faute à l'argent si ça m'écoeure tant d'être diabétique parce que c'est une maladie de riche, et c'est la faute à l'argent si y'a pas de remède parce que voyons, c'est trop lucratif pour qu'on pense à guérir les gens!

02 novembre 2010

Du vent

J'aurais dû attendre un peu avant de remplir toutes mes promesses envers toi. Je sais pas, attendre que tu remplisses les tiennes, attendre que le temps passe pour qu'on oublie. Je me sens stupide maintenant. Comme une enfant qui s'est emballée trop vite, encore. J'aurais dû faire comme tout le monde et laisser tranquillement les promesses devenir paroles en l'air.

01 novembre 2010

La beauté, c'est minuscule

Très souvent, peut-être une fois par jour à Montréal (ça n'arrive à peu près pas dans mon bien aimé village), je suis dégoûtée par l'homme, par ses actes tellement absurdes, et les jours où je suis plus à fleur de peau, ça va jusqu'à me faire pleurer. Mais ce soir, j'ai vu quelque chose de beau. Tout simple. Mais beau!

Le gars sortait du métro et dépassait tout le monde par la droite, longeant le mur, visiblement pressé. À travers la porte qui se refermait, j'ai vu quelque chose tomber. Le combiné du téléphone public avait été victime de l'empressement du gars et j'ai trouvé ça... classique. Mais ça a dû faire un bruit parce qu'il s'est retourné, déjà plutôt loin du téléphone, et contre toute attente, a rebroussé chemin. Avant qu'il n'atteigne le téléphone, un autre homme s'était chargé de réparer l'incident, saluant d'une main celui qui revenait à contre courant. Un combiné de téléphone public... on s'entend qu'il aurait pu pendre comme ça au bout de son fil de longues heures sans que ça ne dérange personne, c'est pas comme si quelqu'un risquait de rater un appel.

J'ai souri, je pense que j'ai même ri un peu. Le gars m'a regardé au moment où le métro allait partir, et il a fait une drôle de tête. J'espère qu'il n'a pas pensé que je riais de lui... parce que derrière mon sourire, il n'y avait qu'une chose: de l'émerveillement.

Fin (la suite)

Cette histoire est bien morte.
Mais j'éprouve un drôle de plaisir à jouer avec son cadavre.