31 mars 2010

Béton

Il y a tellement de belles histoires qui sont belles juste parce qu'elles sont impossibles.
Les vouloir vraies, les vouloir douces et parfumées, les vouloir réelles, les vouloir chaudes et sucrées... ça les rend tellement belles de les imaginer et d'en rêver autant.
Penser que si seulement c'était possible, jurer que si au moins on pouvait, tourner toutes les images dans tous les sens dans sa tête et se dire qu'on est fait pour ça, que la vie est faite pour ça, que si c'était vrai ça serait trop beau, et rêver, rêver la nuit, rêver le jour.

Et pleurer parce que non, la vie c'est pas ça, la vie c'est pas juste, la vie c'est une cage de béton froid dans laquelle tu peux juste rêver à des belles histoires impossibles.

Le coup de foudre

De nos jours, ça se peut même sur Internet... non?

30 mars 2010

Échec

Est-ce que je suis prête à vivre avec ça?

29 mars 2010

Fiction #2

Finalement, je suis un peu comme un personnage de roman pour toi.
Tu m'aimes comme j'ai aimé Xavier X. Mortanse.
Peut-être qu'un jour tu me détesteras comme j'ai détesté Mille Milles.
Tu m'en voudras comme j'en ai voulu à Maneck Kohlal.
Et tu finiras par m'oublier un peu, comme j'ai oublié le jeune poète de La vie est ailleurs... comment il s'appelait déjà? Jaromil?

28 mars 2010

Pattern

J'ai toujours été éperdument amoureuse de gars qui se foutaient un peu de moi et qui, je ne sais pour quelle raison, trouvaient le moyen d'entretenir chez moi ce sentiment juste assez pour que je ne décroche jamais. Ils savaient peut-être que l'espoir, c'est le petit morceau qui fait défaut dans mon âme et qu'en jouant un peu dans ce bobo-là, je deviens aussi molle qu'une poupée vaudou. Fais-moi mal, fais-moi mal, fais-moi mal.

Qu'est-ce que ça change dans ta vie que je t'aime!?

Ah pis laisse donc faire.

27 mars 2010

Amro

Tu es comme l'amour dont je rêve.
Quand tu places api dans une phrase, ça transforme tout en poésie.

J'ai mal au coeur

Le ciel est indigo, je ne sais pas pourquoi, c'est la première fois que je le remarque.
Ça goûte la rose dans ma bouche, un peu le miel, mon manteau sent la fumée.
J'ai osé le dire, tu as fait semblant de rien, et j'ai pensé que le dire était peut-être suffisant.
Tu fais presque rien mais je comprends quelque chose, autre chose, c'est nouveau.
Tu ne réalises pas à quel point tu donnes.
Et moi ça me frappe tout à coup.
Il y a tellement de gens à aimer sur la planète.

C'est fou, je change.

25 mars 2010

Do do, l'enfant do

Après quasiment une heure immobile dans mon lit, les yeux fermés mais qui veulent se rouvrir tout seuls, crispée et le souffle court parce que malgré moi je pense à mon examen de taekwon-do, à mon dernier combat, à mon exposé oral, à mon travail, à mon autre exposé, à mon autre travail, à mon autre exposé, à mon mémoire, à ta main sur mon épaule, à Pâques que je passerai sûrement à Montréal pour la première fois, à l'été qui s'en vient, à l'appartement qu'on ne trouve pas, au silence sur l'étage qui ne durera pas, à la réunion de demain, à l'obligation de dormir et vite... j'ai décidé que ça ne servait à rien de rester couchée et je suis revenue bâiller devant mon ordi. Y'a rien d'intéressant, rien qui m'intéresse. Tu ne m'as pas écrit, personne ne m'a écrit, personne n'écrit. Météomédia dit qu'il va faire froid demain pis les tendances quatorze jours ont ajouté au moins 4 jours de pluie de plus que ce matin au calendrier.

Je suis fatiguée pis je dors pas, sûrement parce que j'ai fait une sieste un peu trop tard cet après-midi mais c'est pas de ma faute on pourrait presque dire que je me suis évanouie sur mon lit. J'aurais pas dû, quand même.

Les journées sont longues mais y'a pas assez d'heures dedans, et demain si elles sont encore là, je pense que je vais arrêter voir les madames au kiosque santé mentale. Elles ont l'air sympathiques, pis moi, des fois ça arrive que je me sens un peu comme pas vraiment bien.

24 mars 2010

Réponse à Mille Milles

"Le sexe vaut bien la mort."
(Michel Foucault)

23 mars 2010

"L'amour, ce n'est pas quelque chose, c'est quelque part..."

Je me souviendrai toujours du soir où mon frère me racontait avec émotion une période sombre de sa vie et qu'il a dit pour illustrer son désemparement sans équivoque, pour que je le comprenne bien : "tsé api, je me réveillais avec le goût de pleurer... c'était le matin et j'avais une boule dans la gorge, peux-tu imaginer?"


Et dernièrement, je fantasme sur l'idée de lire au lieu de dormir. Si seulement c'était possible. Aujourd'hui j'ai atteint mon quotas à la bibliothèque de l'école en empruntant Le nez qui voque que j'ai déjà lu 2 fois. Avant ce roman, je détestais lire et je n'arrivais même jamais à bout des livres obligatoires pour les cours de français. Puis, à 18 ans, Réjean Ducharme m'a présenté Mille Milles et Chateaugué qui sont apparus dans mes rêves la nuit, je les ai aimés et tellement détestés en même temps (surtout Mille Milles). Je veux retrouver le contexte de la citation "Hélas, cet homme supérieur est plus supermachine que superhomme" pour pouvoir te l'expliquer avec précision et surtout selon le sens que Mille Milles lui donne. J'ai feuilleté les presque 300 pages à la recherche de la phrase qui habite mon blog depuis sa naissance, sans succès... mais j'en ai trouvé tellement d'autres. Je veux le relire en entier encore! Et rêver à Mille Milles les lèvres noires d'encre parce que je l'aime tellement plus que je le déteste, finalement.

Oh... je viens de la retrouver! J'écris quelques phrases ici, mais j'en écrirai d'autres pour toi.

"Je ne sais pas ou ranger ma bicyclette. J'ai essayé de la garer dans un des parcs de stationnement. L'homme s'est approché et a dit non avec une voix, avec un visage tyranniques. Tout est pour les automobiles sur la terre maintenant. Les rues, les policiers, le fer, le caoutchouc, le pétrole, tout est entré dans leur sphère d'activité. Tout. Au lieu de dire automobiliste, on devrait dire automobile et au lieu de dire automobile on devrait dire hommiliste. L'homme en automobile est l'homme supérieur que Nietzsche appelait. Hélas, cet homme supérieur est plus supermachine que superhomme. Combien une hommiliste ordinaire peut-elle contenir d'automobiles? Six. J'y reviendrai." (p. 12)

"Il ne voudrait pas se suicider mais cela s'impose. Le plus féroce attendeur d'autobus n'attend pas le même autobus pendant plus de deux ans. J'ai seize ans; j'attends depuis seize ans. Bientôt, Mille Milles aura assez d'attendre, et il hâtera sa fin. Il mourra de mort impérative. Il y en a qui se forcent pour vomir. Il y en a d'autres qui vomissent parce qu'ils ne peuvent pas faire autrement, parce que c'est impératif." (p. 14)

"Plus jeune, je n'avais que mon impuissance à surmonter l'affection à souffrir, que cette sorte de poétique impuissance à souffrir. Cela allait, d'autant plus que j'avais des espérances. Maintenant que le sexuel s'en mêle, cela ne va plus. La cochonnerie. Depuis que le sexuel est en moi, je suis écœuré, je suis infect envers moi-même et pour moi-même. Je ne suis plus pur, voilà pourquoi je me tue, voilà pourquoi je ne peux plus souffrir mon mal de l'âme, voilà pourquoi je pense que je ne vaux plus la peine que j'aie mal." (p. 32)

"Je veux mourir et je veux vivre. Je veux vivre! Je n'ai jamais autant voulu vivre que depuis qu'il faut que je me branle-basse. L'envie que j'ai d'étreindre ce monde qui m'écœure est aussi forte que l'envie que j'ai d'étreindre Chateaugué. Mon envie de tout vaincre est aussi irrésistible que mon envie de tout perdre." (p. 94)

"Hosties de cochonneries! S'il faut appeler un chat, un chat, le verbe aimer doit céder sa place au verbe vouloirfairedeschochonneriesavectoi. Je veuxfairedescochonneriesavectoi. Tu veuxquejefasselasalopeavectoi. Nous voulonsfairedesécoeuranteriesensemble. J'aime Chateaugué. Si j'aime Chateaugué, je veuxfairedescochonneriesavectoi. Je n'ai même pas besoin de me forcer pour me trouver écœurant. Je suis écœurant naturellement. Il faut que je me force pour ne pas me trouver écœurant. Je t'aime. Tu m'aimes. Nous nous aimons. Nous couchons ensemble et nous ne faisons rien de mal, mais il faut que je me force. Des fois, avant de nous endormir, nous parlons ensemble, en fumant, de visage à visage, comme si nous n'avions rien que des visages, l'un soufflant sa fumée sur le visage de l'autre, comme si c'étaient nos ailes qui se heurtaient sous les couvertures, comme si nous étions des anges; mais il faut que je me force. Pour rester pur, il faut avoir de la force, il faut se forcer; il faut avoir du courage, il faut se courager. Ce qu'il y a de plus tentant dans la chasteté, c'est le courage qu'il faut pour s'y maintenir. Si je suis chaste, c'est parce que j'ai été fort; si je suis fort, je suis digne de moi, j'ai le droit d'être fier de moi, de grimper sur les piédestaux que je vois." (p. 95)


Bon, maintenant, travail...
Dans mon casier postal ce soir j'avais un carte fleurie avec un proverbe chinois dedans: "Le travail de la pensée ressemble au forage d'un puits; l'eau est trouble d'abord, puis elle se clarifie."

L'animal humain

"Nous sommes des carcasses potentielles. Si j'entre dans une boucherie, je trouve toujours surprenant que ce ne soit pas moi qui soit à la place de l'animal."

(Francis Bacon)


Dans la même veine...

"Il semble qu'un homme qui n'est rien d'autre qu'un homme a précisément perdu les qualités qui permettent aux autres de le traiter comme leur semblable.
...
Le tout crée une créature humaine profondément instable à la recherche perpétuelle de la bonne réponse à apporter pour signifier qu'elle est humaine."

(Gisèle Szczyglak, Prolégomènes pour une Éthique de l'Hominisation.)

21 mars 2010

Fiction

On est tout le temps là à rire et à pleurer devant des films plus intenses que notre vie et on voudrait tant que ça nous arrive à nous, que ça soit ça notre vie, une fois de temps en temps.

Et moi là, je suis pile dedans le film! Je sais ce qui se passerait si c'était un film pis ça serait trop génial, vraiment trop génial. Mais dans ma vie, il y a des lendemains et à cause de ça, je combats le vertige et je dis non, non, non je veux pas jouer ce rôle-là!

Plutôt que de faire l'amour toute la nuit, je me réveille avec l'envie de retourner dans mes rêves et je me dis que la vie c'est tellement pas juste.

19 mars 2010

Pour Anna

"Only one thing can make a soul complete, and that thing is love."

(The Reader)

L'Artiste

Wow. Je suis tombée sur un livre que j'ai trop envie de lire, mais là tout de suite je n'ai pas le temps. Mais je veux tellement le lire du début à la fin. Je le feuillette et chaque page, chaque début de paragraphe porte une phrase que je voudrais citer, et je n'ai encore rien lu!

"La solitude n'est pas contraire à l'amour mais sa condition indispensable."

(Pierre Bertrand, L'Artiste, p. 58.)

17 mars 2010

Fuck you

Elle: Oh mais là, on te présente une femme idéale et une femme facile, qu'est-ce que tu prends?
Lui: Tu prends l'idéale et tu la trompes avec la facile.

15 mars 2010

Dégoût

Je suis écoeurée, comme Mille Milles est écoeuré, par la vie si on veut.
C'est un peu la laveuse qui a bouffé mon argent sans laver mon linge, ou peut-être qu'elle l'a lavé mais elle l'a pas essoré. Qu'est-ce que je pouvais faire... j'ai lavé mon linge une deuxième fois.
C'est la pute qui m'a demandé une cigarette au coin de la rue ce matin, c'est le gars qui fait le ménage au rez-de-chaussée et qui pue tellement.
C'est mon café qui goûte bizarre pis les dizaines d'appartements visités qui sont trop laids, trop loin, trop petits, trop sombres.
C'est la ligne orange qui évacue tout le monde et qui me fait marcher de Laurier à Sherbrooke sous la pluie de mars avec un trou dans ma semelle pis un manteau qui sent trop dégueux quand il est mouillé.
C'est ma directrice de recherche qui ne me comprend pas vraiment.
C'est beaucoup la fin de la session qui arrive et qui me stresse sans me rendre productive; impossible de travailler, rien n'avance, j'ai le cerveau comme du jell-o et je peux juste me concentrer sur une chose et cette chose je peux pas l'écrire ici.
Je me sens même pas bien physiquement, c'est comme si ma glycémie était à 22, mais non, 6.8.

Je gage que c'est le changement d'heure...!

12 mars 2010

Le malheur est imaginaire

Dans l'autobus hier soir, il y avait un homme qui se frottait le visage, les cheveux, le cou, sans arrêt, avec vigueur, avec rage, comme si une pellicule de poussière lui recouvrait la peau. Il se débattait. Sans arrêt, il chassait de la main des grenailles imaginaires coincées dans ses pores. Il secouait la tête, replaçait le col de son chandail, l'étirait, le bougeait à gauche, à droite, l'étirait encore. De Papineau à Joliette, sans arrêt...

Quand j'ai compris que sa vie, c'était ça... de la poussière dans le visage... ça m'a fait comme la fois où on aurait dit que je cherchais une banane parfaite. System of a Down chantait Chop Suey et c'était comme si le monde entier me criait après. Je me suis sentie conne.
Tellement conne de ne pas être heureuse.

11 mars 2010

Les yeux fermés

Le snooze, c'est une fonction de mon réveil-matin que je n'utilise jamais.
Ce matin pourtant, trois fois; chaque fois que radio classique Montréal recommençait à jouer, je pouvais juste dire nooon dans ma tête. Assise au pied de mon lit, j'ai vu que dehors il faisait soleil et sûrement chaud (pas froid), mais ça ne me faisait rien du tout.
J'ai déjeuné sans appétit, les yeux fermés.
Puis j'ai pris une douche dans le noir... pour continuer de somnoler encore un peu.
Parce qu'après une nuit à rêver à toi de cette façon-là, ça fait mal d'être éveillée.

10 mars 2010

À fleur de peau

À 17h30, le soleil était bas mais pas encore couché. Le ciel était tellement clair.
C'est fou, je me sentais libre.
Juste parce que mes cheveux détachés prenaient l'air, sans tuque.

Aujourd'hui, le bonheur, c'était juste ça.

09 mars 2010

Ma foi en l'éternité

J'aime tout ce qui dure, traverse le temps, s'accroche, perdure, aussi longtemps que possible et peut-être même à jamais. Et toujours je suis bouleversée par l'éphémérité de tout ce qui m'entoure, de tout ce que je crée, des autres, de ma vie avec les autres.
L'automate démodé aura bientôt cinq ans et si j'avais moins de cœur pour ce qui dure, j'y mettrais une pancarte "FERMÉ" et je n'y reviendrais plus jamais, pas même pour relire les souvenirs que j'entretiens comme une maniaque narcissique.
J'ai l'impression qu'il n'y a que moi qui comprenne ce blog et à quoi ça peut bien servir alors?
Écrire ici me met de la pression, entre autre parce qu'il y a trop de tu dans ce blog et qu'encore, c'est le mauvais qui se sentira concerné.

Chaque jour, je voudrais écrire une note digne de toi, que tu citeras quelque part, dont tu me reparleras avec passion, et je ne me sens pas à la hauteur.
C'est un peu de ta faute si je continue d'écrire ici, j'ai presque le sentiment d'avoir une dette envers toi. Il faudrait peut-être dire grâce à toi plutôt, je ne sais pas.
Je suppose que tout ça aura une fin, et ça me rend triste.

Si j'ai commencé à penser à ton éphémérité avec regret, c'est le signe que déjà je t'aime un peu trop.

Attrape

Je suis à peu près comme un âne stupide qui courait après une carotte depuis trop longtemps et qui, tout à coup, sans comprendre comment c'est possible, se retrouve avec la carotte dans la bouche, les yeux grands comme des piastres, ne sachant même pas s'il doit juste croquer (ça serait tu trop facile?) ou cracher loin loin loin et faire demi-tour.

06 mars 2010

Torture

Ça donne juste envie de disparaître.