26 février 2010

Si Dieu le veut

Il y a comme un fil qui traverse le globe et tout à coup, l'électricité voyage dedans et ça fait des flammèches, ça illumine la tempête qui m'a coincée ici.
Il fait chaud.

Je partirais tellement pour le bout du monde, là, tout de suite.
Juste parce que.

Naïveté répugnante

Ça fait mal de chercher une infime partie de soi en l'autre qui nous emplit la tête, et de n'y trouver rien du tout. Rien du tout.

Rien du tout. Fuck.

25 février 2010

"L'amour dure trois ans"

Ok!
Time's up!
Prochain appel!

20 février 2010

Oui, toi. Non, pas toi. Toi.

La vérité c'est que je l'aime encore et ça tue ma vie parce qu'après lui tout est fade.
Il faut que j'arrête de l'aimer!
Mais j'ai peur de l'aimer toujours parce qu'il ne m'a pas laissé le temps de me lasser de lui.

19 février 2010

Des fois, je me dis: ça va pas

D'un pas de zombie, j'avance sur le pavé de la Place des Arts, les yeux fixés à la ferraille dans le ciel. Une fraction de seconde, sous l'effet de je ne sais quel vertige, j'imagine les grues se décrocher, se fracasser et m'aplatir au sol avant que j'aie le temps de penser que mourir aujourd'hui ridiculiserait mes 25 premières années de vie, et je me dis bof... ça ne changerait pas grand chose... ça ne serait pas si grave. J'ai même l'idée stupide que ça serait tellement simple.
Tout ça, une fraction de seconde.
Après ça, je me dis que mon existence a besoin d'un sens au plus sacrant.

Mais quand on va se croiser, je vais répondre ce qu'il faut à la question "ça va?" pour éviter les malaises et surtout, les explications. Les gens tristes n'ont-ils pas les plus beaux sourires?

De toute façon, on n'a pas le temps pour la vérité.

16 février 2010

Fille sérieuse

J'ai ça de tatoué dans le front. J'aurais beau faire les pires folies du monde, je resterais quand même une fille sérieuse... qui fait des folies (mais ça va finir par passer). C'est une caractéristique immuable chez moi, parce que les gens changent... mais pas tant que ça.
Sérieuse. Tout le monde est d'accord là-dessus, depuis toujours. Personne s'obstine.

Mais pourquoi d'abord j'ai l'impression de manquer de sérieux dans tellement de circonstances? Je me sens coupable et j'angoisse au sujet de choses sérieuses dont je devrais m'occuper mais que je néglige, j'ai un sentiment de stress par rapport à la vie et j'ai même l'impression d'être un imposteur face au monde entier qui me considère sérieuse mais qui se trompe.
Je suppose que c'est ça la cerise sur le sundae qui fait que je suis indubitablement sérieuse.

14 février 2010

Psychosomatique

Dans mon plus lointain souvenir de Saint-Valentin, je somnolais toute la journée sur le divan, sous la couverture de fausse laine bleue et je buvais une gorgée de sirop entre deux cauchemars de fièvre. J'ouvrais à peine un oeil quand les autres revenaient de l'école avec des petits coeurs à la cannelle et des jelly beans roses et rouges. On me réveillait pour le souper et je me traînais jusqu'à la table sur laquelle maman avait mis la nappe rouge et éparpillé des chocolats en forme de coeur enveloppés de papier violet avec de la crème même pas bonne dans le centre. Il y avait un je t'aime dans nos assiettes, le repas durait vraiment longtemps, et je faisais de mon mieux pour avaler deux bouchées.

Le scénario s'est répété pendant des années. Tellement qu'après un moment, maman m'emmenait chez le médecin au début février pour essayer de prévenir plutôt que de guérir. Rien à faire. Le 14 février, j'étais knocked out. Mon corps était comme programmé pour ça.

Je comprends pas pourquoi personne a jamais pensé à me dire que c'était de mauvais augure. Il me semble que j'entends bien le médecin m'annoncer: ma p'tite fille, l'amour vous rend malade, ça ne se guérit pas vraiment, ça se traite, ça se contrôle, mais c'est une maladie chronique, ne vous inquiétez pas, on vit très bien avec ça de nos jours, il faut seulement être conscient de ses limites....

13 février 2010

Dance craze

Je l'ai vu en photo, en miniature, par hasard, 7 ans plus tard. Ça m'a fait pareil comme un coup de poing bien placé alors que je pensais tenir ma garde serrée. Depuis une semaine, mes journées sont insupportables parce que chaque matin je sors d'un rêve avec lui. Mes voisins font le party et je rage contre leur bruit qui m'empêche de dormir... mais peut-être que j'ai pas vraiment besoin d'eux pour ça. Je suis retournée à 16 ans dans ma tête. Couchée sur le dos même si je dors jamais sur le dos, je me torture avec ma mémoire géniale pour retenir ce qu'il faut pas, j'ai une boule dans la gorge et je voudrais dormir jusqu'à temps qu'elle fonde... ou toute la vie, tant qu'à faire. Je repasse tout ça comme un film sur lequel tu peux juste pleurer, pis je me dis que le début de mes tourments, il est là. Là. Pile le jour de son arrivée à l'école avec ses cheveux dans les airs. C'est comme si toutes mes relations d'après étaient une tentative de finir mieux celle-là, celle qui a cassé quelque chose en dedans de moi que je peux pas nommer mais que je sais qui est cassé. Des fois je pense que si j'avais laissé le gars les cheveux dans les airs tranquille, je serais moins tout croche avec les gens aujourd'hui, et le monde serait peut-être plus aimable.

06 février 2010

La vie c'est pas juste... le rêve c'est mieux

J'entends de la musique dans le vent, je vois des dessins dans le ciel et mon chemin dans les nuages. J'entends des messages dans la musique que tu choisis, je vois de la nostalgie dans ton regard et de l'amour dans ce que tu ne dis pas.

Je sais que j'ai tort, je sais que ma foi en mon imagination fait de moi une éternelle déçue, je sais que j'interprète tout comme ça me tente... mais ça serait quoi la vie sans rêve, sans illusion, sans espoir?

...
Ça serait sûrement moins triste dans les moments de lucidité...
Ok mais ça ne serait pas ma vie.

03 février 2010

Tu

Il y a trop de tu dans ce blog. Trop de tu qui ne lisent même pas ce blog, trop de tu qui se sentent concernés à tort ou qui ne se sentent pas concernés alors qu'ils le sont. Des fois je me dis que vivre plus que ça, ça serait arrêter d'écrire tous ces tu et dire ce que je pense clairement, une bonne fois pour toute, aux personnes concernées. Mais s'il fallait que je commence ça ce soir, ça ferait beaucoup trop boum et demain je le regretterais. Écrire, c'est tellement plus facile que dire. Ici, j'ai pas à justifier toutes ces aberrations que je camoufle en poésie. En vrai, en clair, ça passerait jamais.

Au fond, je suis juste lâche.

02 février 2010

Vol

Je choisissais des bananes, quelques jaunes, quelques vertes, et deux agents de sécurité sont sortis de nulle part. L'un traînait un sac à dos sale, l'autre tenait par le bras un homme menotté. C'est sûr que la chanson que j'écoutais dans mes oreilles ne donnait pas envie de rire... mais j'ai pas pu m'empêcher de fixer le visage du gars, de suivre sa sortie de l'épicerie et sans trop le vouloir ni le comprendre, je me suis mise à pleurer, comme une conne qui veut tellement une banane parfaite, qui la trouve pas et qui devient hystérique. Il me semblait qu'il n'y a rien de plus triste que de voler de la nourriture.

J'ai essayé de relativiser les choses en me disant que le gars avait peut-être engueulé une petite madame, tenté de voler sa sacoche, battu un autre homme, vandalisé le rayon bio, pissé dans le frigo à crème glacée, ou vendu du weed à un enfant... mais il restait quand même la possibilité qu'il se soit fait prendre à voler de la nourriture. J'ai pas pu faire autrement que de payer mes six bananes en pleurant, à la caissière qui pensait sûrement qu'un gars m'avait brisé le cœur ou que ma grand-mère était morte.

J'ai réalisé qu'en fait, j'aime les gens... mais je déteste le monde.