27 mars 2009

Socialement, je suis une handicapée. Le pire, c'est que ça paraît même pas. En tout cas je crois... Personne ne semble s'en apercevoir. Y'a que moi qui sais, que moi qui peux évaluer l'ampleur de la situation et des fois je voudrais dire l'étendue des dégâts plutôt.
Je ne sais pas si on en guérit; je suppose qu'il y a des médecins pour ça. Il y a des médecins pour tout. Mais ceux-là on a honte d'aller les voir. Et la honte pour moi c'est le pire sentiment après la pitié.

26 mars 2009

Lumière

Comment décrire mon école?

Je voulais faire une activité de photographie avec une classe: dessiner avec la lumière. J'avais besoin d'une pièce ou la noirceur totale est possible, d'une pièce sans fenêtre donc. Mon unique chance de trouver un tel local: monsieur Raymond, le plus dévoué des concierges.

"Une pièce sans fenêtres! Ma pauvre p'tite fille, tu trouveras pas ça ici."

Une pièce sans fenêtre... Ça n'existe simplement pas, dans mon école.

25 mars 2009

Poésie nocturne

Dans mon dernier rêve, je t'improvisais un poème. Je me souviens de ce qu'on pourrait appeler un vers.
"Dès que je pense à toi, j'ai faim, c'est instantané."
Tu ne réagissais pas vraiment, ou pas encore (mon réveil a peut-être sonné trop tôt), et ce matin, je comprends que ce n'était pas si loin de la réalité.

23 mars 2009

Marathon

C'est un diagnostique que je croyais être particulier au contexte de stage... planification à long terme: "minimal, peu développé." Ce soir je prépare mes cours pour demain. Ça doit venir de là, le sentiment de surprise à la fin de chaque journée. Je me rends bien plus loin que ce que j'avais prévu, mais je me dis parfois que j'irais encore plus loin si j'y avais pensé avant la veille. Ça doit aussi venir de là, l'essoufflement, le sentiment d'avoir commencé en sprint un marathon.

Professionnellement, j'espère que l'expérience me guérira de ça. Mais mon pronostic n'est pas très optimiste. C'est incroyable l'évolution que j'ai connue jusqu'à maintenant, mais ce point faible est toujours aussi faible. Et quand j'y pense, avant d'être une compétence à acquérir, la planification à long terme est peut-être une caractéristique personnelle que je ne possède absolument pas, dans le sens de: l'absence de planification à long terme EST une caractéristique qui me définit.

Je me demande pourquoi ça m'a pris tout ce temps pour le comprendre. Je cherche à quel moment j'ai pu faire preuve d'une planification à long terme et je ne vois rien; je me vois plutôt courir pour arriver à tout faire ce que je réalise soudainement que j'ai à faire. Et pourtant, la procrastination, ce n'est pas (plus) dans mes habitudes. Je ne manque pas d'organisation (je ne crois pas manquer d'organisation.) Mes planifications à court terme ("supérieur, remarquable") sont d'un détail inouï.

Je ne comprends pas.
Mais je ne mens pas quand je dis que de toutes les choses que j'ai planifiées longtemps d'avance, de tous les avenirs que j'ai imaginés pour mes projets et moi, aucun ne s'est réalisé.

17 mars 2009

Quand je disais que je ne sais pas partir...

Sitôt partie, je ne pense qu'à revenir. Où que j'aille, j'ai en tête l'endroit que j'ai quitté. Pourtant, j'avais tellement hâte de partir. Maintenant, nostalgie.

Je suis à peine revenue là où je dis être chez moi, là où j'avais si hâte d'être sans devoir penser à repartir... et j'achète un billet d'avion. Pour ailleurs. Peut-être dans l'espoir de finalement tuer l'envie de retourner là d'où j'arrive.

Je dis que je ne sais pas partir.
Mais peut-être que je ne sais simplement pas rester.

Je me définis comme une personne sédentaire, qui cherche la stabilité, qui s'accroche à la routine... et dans les six dernières années, j'ai déménagé cinq fois.

16 mars 2009

Éparpillement

Un amour sincère.
Une affection profonde.
Un désir ardent.

J'ai tout ça.


Si seulement ça pouvait être pour une seule et unique personne...

06 mars 2009

"Let your soul be your pilote"

Mon radeau tangue et je ris, et je pleure. J'ai mal au cœur. J'ai tellement hâte qu'il chavire.
Avoir la tête sous l'eau, une eau si chaude qu'elle donne une sensation de froid. Rester la tête sous l'eau. Pour toujours peut-être. Mais surtout, à partir de maintenant.

02 mars 2009

Kite



Dans une valse passionnée, ma voile faisait l'amour avec le ciel. Elle embrassait le soleil sous le regard du mince croissant de lune. La glace du champ craquait sous mes pas et pendant un instant, j'étais la fille à qui le vent demandait "veux-tu être ma femme?"
J'aurais pu m'envoler.