29 août 2008

Mauvaise mère


Le plus dur, c'est le sentiment d'avoir négligé des détails. La responsabilité de la souffrance, puis de la mort.
Chaque fois je me dis la même chose: plus jamais. Depuis le chaton qui a échappé son dernier râle dans mes mains, depuis le petit canard à la patte cassée que j'ai nourri directement de ma bouche, égorgé en tentant de sortir de sa boîte de kleenex, depuis la marmotte pleine de tiques à laquelle j'ai donné le biberon, je me dis plus jamais.
Mais chaque fois je retrouve ce même espoir, cette confiance en la vie qui me dit de m'investir, encore, toujours, pour finalement aboutir à cette même déception, cette peine, cette culpabilité qui me fait dire plus jamais.

28 août 2008

Cinq tétée à l'heure, c'est de la job

Mais c'est la vie qui compte.


Après un peu plus de 24 heures, tout le monde est encore en vie. Ils sont vigoureux, ils boivent de mieux en mieux, et je leur ai découvert de petites dents. Si je regarde bien, j'ai l'impression que leurs yeux vont bientôt s'ouvrir. Je ne sais pas encore les différencier, mais je les reconnais à leur façon de boire. L'un d'eux bouge tellement que j'ai du mal à le tenir dans ma main. Il se sauve comme une truite. Il y en a un qui, au contraire, reste immobile. Celui-là a compris: il boit comme un fou et finit par s'endormir le compte-goutte en bouche. Un autre semble boire, mais le lait lui coule sur le menton, sur le cou... pour une gorgée avalée, il en recrache deux. Lui je peux le reconnaître à l'oeil: il a du lait séché sur la tête. Mon préféré bouge les pattes en buvant, comme pour repousser le compte-goutte, mais il finit par le tenir comme un biberon. Le dernier, il recule au creux ma main, comme pour s'emmitoufler.

27 août 2008

Orphelins

Je vérifiais le niveau d'essence dans le tracteur à pelouse quand Gaby s'est mise à renifler sous le capot comme une déchaînée. Après avoir cherché, puis retiré une pièce ou deux, on a trouvé de la laine minérale là ou il n'est pas censé y en avoir. À coup de tournevis et de pinces, on a extirpé tout ce qu'on a pu, jusqu'à temps qu'une petite tête grise apparaisse dans le trou. J'ai sorti cinq bébés campagnoles à la cuillère. On se demandait ce qu'on ferait avec les petites bêtes, trop mignones et vulnérables pour être tuées. Peut-être la mère les retrouverait-elle si on les déposait quelque part dehors?

Après quelques minutes de fouille infructueuse, croyant avoir complètement vidé le nid, on a tourné la clef. La laine minérale et le foin ont volé un peu partout, puis la maman campagnole est sortie en bouillie de je ne sais plus quel orifice. J'ai eu un peu de peine, mais j'ai quand même commencé à tondre le gazon, avec cinq orphelins dans ma poche de chemise.

J'ai récupéré ce que j'ai pu de leur nid et leur en ai fait un nouveau dans le fond d'une boîte de riz.
Maman suggère que je donne les petits à un gars qui a un serpent.
J'ai préféré faire chauffer du lait et les forcer à boire au compte-goutte. Je ne sais pas s'ils vont survivre, et s'ils survivent, je ne sais vraiment pas ce que j'en ferai.

Mais je les aime.

Circonstances

Tomber en amour, c'est trop facile.

26 août 2008

25 août 2008

La montagne Thiboutot

Elle fait peur. De l'intérieur, c'est pire encore.

Côté nord.


Côté sud.


Après deux ans de saccage (et de profit), il ne doit plus rester grand chose du sentier qu'on empruntait pour se rendre au sommet.

19 août 2008

Étiquette

Je suis intellectuelle en portant des assiettes au resto.
Je le suis en conduisant le tracteur à reculon avec le trailer plein de bûches.
Je reste intellectuelle en faisant du taekwon-do six fois par semaine.
Quand je ramasse du bois de grève pour en faire des tablettes, des crochets et des pôles à rideaux de mes mains, je suis intellectuelle.
J'ai même un air intellectuel en lançant le ballon de foot.

Je serais aux olympiques et encore, je serais intellectuelle.
Je suis née avec l'étiquette sur le front. Quoi que je fasse, je le reste.

06 août 2008

Été humide?



Je veux du soleil.

De toute façon, rien ne sera jamais assez

Même si le rush de la distribution du matériel dans une classe d'arts plastiques au primaire ressemble étrangement à l'heure du midi au resto, j'ai peur de ne pas aimer enseigner autant que j'aime servir à manger chez la Mère Dénommée...

03 août 2008

Rien n'est pour toujours

J'ai juré posséder une passion toute ma vie, entretenir un amour jusqu'à ma mort, vivre plus, aimer pour vrai, être vraie.
J'ai abandonné ma passion il y a plusieurs années pour en découvrir de nouvelles, j'ai promis au moins trois fois d'aimer toujours, je ne sais répondre que mon nom à la question qui es-tu, mais je peux jurer encore et encore que cette fois, tout est pour toujours.