28 juillet 2008

J'ai foncé, tête baissée

Parce que j'étais convaincue que le meilleur moyen d'arriver quelque part était de foncer tout droit sans jamais changer de direction. Que pour parvenir à un résultat, il fallait s'y concentrer, ne jamais le perdre de vue. Parce que la meilleure astuce pour trouver son chemin, c'est éviter de tourner en rond et que la façon de s'en assurer, c'est la ligne droite. Je me disais qu'il valait mieux se rendre au bout d'une route qui n'est peut-être pas la meilleure que d'en entamer une multitude. Que le meilleur moyen de réussir, c'est de finir ce qu'on commence.

Mais si j'avais pris le temps qu'il fallait pour piétiner un peu?

Je serais ailleurs.

Peut-être meilleure.

25 juillet 2008

J'aime les fruits sauvages

24 juillet 2008

Si tu penses que ça va m'arrêter

21 juillet 2008

Secours

Au début j'ai cru à une blague, mais les cris étaient tellement désespérés que je ne pouvais pas tourner simplement la clef et partir. Les plaintes m'ont menée chez la deuxième voisine qui était couchée sur le béton, écrasée sous son bac de compost rempli de couennnes et de terre. On s'est mis à deux pour le relever. Son genou était tout bleu, sa peau un peu éraflée, et elle tremblait comme une feuille. Après qu'elle ait eu repris son souffle, on l'a remise debout et sa reconnaissance était si palpable que ça m'a secouée. Son mascara coulait sur sa joue, et elle m'a remerciée en disant mon nom. Je n'aurais jamais soupçonné qu'elle le connaissait.

Le sentiment d'avoir accompli le bien m'a soulevée juste le temps de traverser la rue et de remonter dans la voiture. J'ai tourné la clef et deux coins de rue plus loin, il a fallu que je m'arrête, je ne voyais plus rien, il y avait trop d'eau dans mes yeux. J'aurais voulu être secourue, mais je n'ai personne pour seulement remarquer que mes larmes coulent.

Il roule depuis une heure sous la bruine pour éviter la pluie de demain.
Et demain, ça aurait fait un mois que je n'avais pas pleuré.

18 juillet 2008

S'il pouvait juste arrêter de partir

Mon casque cogne sur le sien à chaque imperfection, mes bras froids ont mal de s'appuyer sur la tank et de ne pas oser serrer plus fort. Ça sent l'acier chauffé et le musc, le prestone et le shampoing, l'essence et la lessive. J'ai les yeux encore pleins de flash de soudure.

"Vas-tu pouvoir dormir?
- Ça devrait...
- Fais de beaux rêves!
- Amuse-toi, sois prudent."

Flocons de riz, trop volatiles. Je préfère encore étendre de l'huile à moteur sur mes toasts.

13 juillet 2008

"Love hurts"

Le pire, c'est l'amour-propre, l'amour de soi, celui qui étanche à jamais la soif d'affection. C'est trop facile à dire, je m'aime. Et c'est pas aussi bon que d'entendre je t'aime.

Petite pute

Offre pas des peanuts au vendeur de peanuts.

08 juillet 2008

Je veux danser

L'ampoule a grillé tellement vite que je ne sais plus si elle a déjà été réellement allumée. Il a suffi que j'arrête de la contempler pour que ses rayons incandescents cessent de m'atteindre.

Dans le noir, la petite veilleuse au coin du mur volontairement oubliée m'a rappelé que sur une tablette m'attend un paquet de flocons de riz. J'ai entrouvert la porte avec effroi, puis l'enveloppe a explosé, remplissant la pièce de lumière, et je respire maintenant avec envie la neige qui danse tout autour de moi, et sur moi.

Je peux cesser de faire des maths pendant des années et ne ressentir aucun manque, mais il y a une partie de mon cerveau qui ne peut rester inerte. Elle a envie de danser, tout le temps, sans arrêt.