28 mars 2008

Je devrais marquer la page de conjugaison du verbe pleurer

Taper étant depuis un moment devenu plus facile que de tourner les pages du Bescherelle en chantant l'alphabet mentalement, j'écris fréquemment sur Google "conjuguer" suivi du verbe recherché.

Je ne sais pas combien de temps subsistent les mots archivés, puisque je sais en avoir cherché plus qu'il n'y en a dans la liste, mais quand je la consulte, je me demande s'il n'y a pas quelque chose à comprendre. Qu'est-ce que les verbes que je cherche à conjuguer peuvent bien avoir à révéler sur ma personnalité?

Je sais pas trop où je vais avec ça.
En tout cas, ça va comme suit:

Acquérir
Appuyer
Battre
Bouillir
Copier
Corrompre
Coudre
Dire
Jeter
Octroyer
Peindre
Pleurer
Pouvoir
Savoir
Souffrir
Subir

Il y en a que je cherche de manière récurrente. Pleurer. Chaque fois que je veux le conjuguer à la première personne du singulier (je ne vois pas trop l'occasion de le conjuguer avec une autre personne anyways), il faut que je tape "conjuguer pleurer", comme là, il faudrait que je le fasse parce que je suis juste incapable de me souvenir si je pleure ou si je pleurs.

26 mars 2008

3.0

L'avantage d'un monde continuellement en hypoglycémie, c'est qu'il n'aurait plus qu'une face.

18 mars 2008

Money, get away

Et si j'étais faite pour plus? Pour plus grand? Non, pour quelque chose de colossal? C'est prétentieux.
À 9 ans, je savais parfaitement quoi faire.
Voilà qu'à 23 ça me revient, paf! brutalement.
Je suis tellement loin de ce que j'avais prévu. Et il serait tellement ardu d'y revenir que je ne vois pas d'issue possible. Ce n'était qu'un rêve d'enfant. Là, c'est le temps d'être adulte.
Merde.

15 mars 2008

Rêver moins, vivre plus.

J'aurais couru les yeux fermés à moins trente degrés Celsius sur des kilomètres d'autoroute déserte avec la simple illusion qu'à la fin je serais au bon endroit, là où il le faut. J'aurais voulu. Mais quelques mètres et j'ai mal de n'être même pas certaine d'avancer dans la bonne direction.

J'aurais couru pieds nus des kilomètres de trottoir gelé avec en poche l'unique espoir qu'au bout du chemin tu me dirais ça. Mais voilà que tu le dis sans que je n'aie à accomplir quoi que ce soit, comme si je le méritais, et pourtant tout ce que je sens c'est qu'il me faut courir encore plus, parcourir toujours plus de distance.

13 mars 2008

Mars me fait mal

Ses lampes inactiniques remplissent ma tête de rouge.
L'odeur du bain d'arrêt a sur moi l'effet exaltant d'un parfum aimé oublié, puis retrouvé.
L'agrandisseur projette l'image noire et blanche d'une fille qui tient la main de personne.
L'aiguille phosphorescente du minuteur fait 59 fois le tour et ce n'est que lorsqu'elle s'arrête que je réalise que 59 minutes sont passées.
J'ai un an de plus qu'il y a un an et pourtant je suis au même endroit, sur le même nuage.

04 mars 2008

Presque rien, un grain de riz

Sur un lit de flocons de riz, entre les vermicelles et le brie, j'ai rêvé de faire l'amour au grain de poivre pris dans tes dents, de croquer ta pomme d'Adam, de boire la goutte de sueur sur ta tempe.
Je ne sais plus si c'était bleu, vert, ou gris sur ton visage pâle, mais ça brillait.
Ça m'a étourdie.
Échoué sur ton tablier sale, mon manteau voulait rester collé mais le panier plein de fruits roulait, loin, ton couteau de chef dans mon dos, tu as serré et j'ai eu chaud, tu as dit "à jeudi!" et mon rêve à continué.