29 mars 2007

Deuil

Je suis en deuil depuis maintenant plus d'un mois... Gaétan Soucy me manque, c'est terrible. Je veux encore de son univers, de ses personnages, de ses mots. Cet après-midi j'ai rêvé à Xavier X. Mortanse... Je veux n'avoir jamais terminé Music Hall!
Le plus triste c'est que je ne serai jamais capable d'oublier cette histoire. Même dans 5 ans je ne pourrai pas relire le livre et me surprendre des revirements de situation. Je les garde tous en mémoire... pour avoir lu le roman trop lentement, j'imagine, pour avoir tout vu dans ma tête, aussi précisément que si j'y avais été.
L'été passé je m'étais rendue au milieu, puis je l'avais abandonné. J'ai recommencé à le lire cet hiver, du début, évidemment, et j'aurais dû arrêter au trois quart. Et recommencer l'été prochain, et arrêter au quatre cinquième.
C'est ce qui aurait dû arriver.

Que peut-on faire? Allez, allez, écrivez encore Monsieur, s'il vout plaît, je vous en prie, je vous en prie, je vous en prie!

J'ai retrouvé une citation dans mon cahier qui me rappelle l'amour que j'ai pour cet auteur.
Un morceau de discussion entre Monsieur l'Aveugle et Xavier.

"- Oh, fit Xavier avec un sourire confiant, c'est que je vais guérir, ne vous en faites pas.
- Qu'est-ce qui t'en rend si sûr? T'as rêvé ça dans ton crâne vide?"
L'apprenti rit de bon coeur, car c'était vrai, parfois, qu'il avait la tête comme un clocher qui vente dedans.


Que peut-on faire d'autre qu'attendre?
Peut-être est-il en train d'écrire le plus long de tous les romans de la Terre entière?
Je l'espère si fort.

28 mars 2007

Fièvre

Autant ça m'a fait mourir de rire mercredi passé, autant ce soir ça me fait pleurer.

Je suis naïve.

27 mars 2007

Kleenex

C'est drôle comme la soupe fait un bon repas quand on est malade... Et comme elle fait couler du nez quand on ne l'est pas!

26 mars 2007

Coïncidence

Dans l'entrée, entre les deux portes, le bras gauche chargé de sacs, je fouillais dans ma poche droite pour y trouver mes clefs qui se dérobaient sous mes doigts. Je crois n'avoir jamais eu tant de mal à les sortir de là. Était-ce un hasard? C'est étrange comme j'ai tendance à croire que c'était parfaitement calculé par je ne sais quelle force occulte...

Au moment d'insérer la clef dans la serrure, mon voisin et sa blonde posaient le pied sur la dernière marche, lui devant, elle derrière. J'ai à peine levé les yeux, je savais déjà que c'était eux; en quelques fractions de seconde j'ai songé qu'avec n'importe qui d'autre, je cesserais de me battre avec mes clefs et j'attendrais qu'ils m'ouvrent gentiment en sortant pour ensuite leur dire merci, bonne soirée, mais là... j'ai fait le plus vite que j'ai pu. Étrangement, on aurait dit que de son côté il a aussi accéléré le pas pour ouvrir la porte avant que je la débarre, pas par politesse, non, comme pour... je sais pas pourquoi. Le résultat: il s'est retrouvé dans l'embrasure de la porte, prêt à sortir alors que j'avais le bras tendu devant lui, tentant de retirer ma satanée clef de la serrure. J'aurais voulu lui barrer le chemin, on aurait pas vu la différence.
Je l'ai regardé droit dans les yeux, et j'ai été déçue de le voir fixer ma bouche, ou mon foulard, en tout cas, ailleurs, puis j'ai regardé sa blonde de la même manière, et ses yeux ont aussi fuit les miens. Je brûlais d'envie de leur dire bonsoir, je crois même que j'ai souri un peu, mais ils avaient un de ces airs de boeuf! C'était pareil comme s'ils m'avaient dit: "tous les jours on souhaite que tu meurs... et dans d'atroces souffrances!"

En tout cas, y'a une chose vraiment étonnante.
J'ai vu pour la première fois la fille que j'entends parler chez lui parfois, elle a exactement l'allure que je lui avais donnée dans ma tête. Petite, très maigre, du noir autour des yeux, les cheveux teints en blond avec une repousse noire. C'est à croire que je l'avais déjà croisée dans la rue, sans savoir que c'était elle, et que depuis, elle était ma référence lorsque je m'imaginais la blonde du voisin.
Son sacre à elle, c'est "tabarnac", la dernière syllabe bien étirée, comme si elle disait "tabargniaaac" ... Entendez bien le charme que ça a.

Depuis cette histoire de bottes pleines d'eau, c'est terrible l'intolérence que j'ai développée envers les cris, les insultes et particulièrement, les sacres.
Pour avoir grandi parmi eux, je les avais toujours supportés avec une indifférence presque totale. Mais maintenant, ils m'agressent; j'y perçois tellement plus de violence qu'avant.

Sacrer c'est mal, retenez-vous tout le monde.

24 mars 2007

Dualité #3

Ça recommence.
Le noir et le blanc s'affrontent à la journée longue, sans jamais s'essouffler ils me tiraillent, l'un l'emportant parfois sur l'autre, pour quelques instants, juste le temps que la vapeur se renverse. Tour à tour ils tentent de me convaincre, d'ailleurs ils sont tous les deux très persuasifs, et je tangue, tentée par tout. Je me laissais jusqu'alors bercer, mais aujourd'hui j'ai un peu le mal de mer...
Je ne saurais même pas énumérer toutes les contradictions qui semblent jouer à saute-moutons dans mon esprit.
Le temps est trop lent, puis trop rapide, puis trop lent, puis beaucoup trop rapide.
Je dois apprendre à le laisser aller.

10 mars 2007

Le monde change ou c'est moi?

Hier soir, ou plutôt, la nuit passée, j'ai marché de la station de métro jusqu'à chez-moi avec un parfait inconnu. J'avoue que j'ai eu un peu peur lorsqu'il m'a abordée, mais en fin de compte il avait juste un peu perdu l'ouest. On a parlé exactement comme si on s'était donné rendez-vous et qu'on était censés se revoir un autre jour.

Ce midi, j'ai croisé une dame (la même que samedi passé) qui m'a arrêtée (encore) pour commenter la jupe que je portais. Cette fois, elle avait des questions à me poser, comme si toute la semaine elle avait réfléchi à la conversation qu'elle entretiendrait avec moi à notre prochaine rencontre. Elle a empilé les compliments, et je ne savais plus quoi dire d'autre que merci à la fin. Puis ça m'a fait sourire dans le vide de longues minutes.

Et tantôt, des sacs d'épicerie bien remplis dans les mains (pommes, fraises, bananes, beurre, gruau, pommes, fraises, bananes, beurre...), je me suis retrouvée à marcher devant un homme qui portait aussi quelques sacs, je l'ai regardé en lui souriant, et aussitôt il a saisi l'occasion.

"Plein de bonnes choses dans les sacs!
- Oui!
- Alors on fait un échange! qu'il m'a dit avec son accent africain.
- Un échange? Non je tiens à ce qu'il y a dans mes sacs!
- Non, un échange culinaire, on cuisine et on fait goûter.
- Oh mais j'ai presque juste des fruits...
- Mais j'en raffole! Moi-même d'ailleurs j'en suis un!
- Un fruit? Lequel?
- Ben tu vois pas? Une noix de coco c'est évident!"

Je n'étais pas certaine, alors il a ajouté:
"La couleur, tu vois!
- Oh alors moi je suis quoi? Un abricot?"

Et c'est là que la lumière est passée au vert. Je lui ai dit que je devais traverser ici, et lui ai souhaité une excellente soirée.

C'est tout de même fou. D'abord que ces gens aient eu un certain intérêt pour moi, mais surtout qu'ils l'aient manifesté. Pourtant, j'ai rien fait, vraiment...

Si on pouvait parler autant avec tous les gens qu'on rencontre... Si au lieu de marcher à la queue leu-leu sur le trottoir et de se dépasser comme de parfaits snobs, on modifiait moindrement son pas pour l'adapter à celui qui est devant ou derrière, et qu'on entamait une conversation comme ça, facilement, librement, qui durerait simplement le temps que le chemin est le même pour les deux personnes, sans difficulté ni malaise à dire aurevoir, c'est fini, à un de ces jours peut-être... Ça aurait un effet hallucinant sur la société!
En tout cas, ça en aurait un monstre sur ma confiance et mon estime personnelle, c'est sûr.


Mais bon, l'utopie s'arrête ici. J'ai trop faim.

09 mars 2007

Le temps est à la pluie

Les gens ont parfois de ces manières de se rendre intéressants qui m'énervent comme s'il s'agissait carrément d'attaques personnelles à mon endroit; le genre de phrases clefs censées produire un "ah...!" d'étonnement, un "quelle philosophie!" intérieur, malgré que ça n'inspire tout compte fait pas vraiment d'intérêt.

"Deux choses que je n'ai jamais eues dans ma vie: un parapluie, et une montre!"

Aussitôt: Ah...! Quelle indépendance, quelle liberté! Que je suis superficielle et matérialiste, à quoi bon tous ces objets? Pourquoi ne pas vivre si librement, moi aussi?


...


Et à bien y penser, qu'est-ce que ça a de si exceptionnel comme mode de vie s'il en est un?
En quoi te passer d'un parapluie fait de toi une personne qui aime la pluie? Tu peux l'aimer pour ses bienfaits, aimer la regarder tomber, aimer le son qu'elle fait, l'odeur qu'elle a. Tu peux aimer marcher sous l'orage, sauter dans les flaques d'eau et rire.
Mais en quoi te rendre à l'école sous l'averse, arriver détrempé et grelotant, et passer la journée dans l'humidité de tes vêtements fait de toi une personne libre? Tu n'as pas de parapluie. Très bien. Et alors?
L'hiver, tu portes une tuques?

Oh tu n'as pas de montre.
Parce qu'alors tu te libères de l'emprise du temps, peut-être. Parce que tu n'as pas à te plier à ton horaire et aux échéances imposées. Bien sûr, décrocher les téléphones publics et demander à tout bout de champ l'heure au gens que tu croises, ça fait de toi une personne bien plus détachée des superficialités de la vie que quiconque n'ayant qu'à tendre le bras pour savoir s'il est en retard ou en avance.
De toute façon c'est bien beau comme principe et ça sonne doux à l'oreille, mais qu'as-tu fait du cadran de ton micro-onde, et de celui de ton four, et de celui qui te réveilles tôt le matin?
Le temps ne s'ignore pas.



J'avoue regarder l'heure parfois plus de deux fois dans la même ridicule minute. J'écris tout dont l'oubli me causerait problème dans mon agenda, je note toutes ces mêmes choses dans les cases de mon calendrier et j'ajoute des post-it de dates importantes sur mon babillard.
Faire semblant d'ignorer le temps me rendrait terriblement anxieuse, j'aurais la tête pleine de dates et de tâches à accomplir, ça serait pas vivable.
Quand je pense à aller à l'épicerie en revenant de l'école, pour 3 ou 4 trucs, du métro jusqu'à la caisse je les répète: fromage, lait, bananes, patates, fromage, lait, bananes, patates, fromage, lait, bananes, patates. Comme un mantra. Et je continue souvent après avoir payé, jusque chez moi, en vidant le sac, et encore.
Je ne suis pas folle.
Mais ça illustre la nécessité de faire des listes, d'écrire ce qui préoccupe, sinon ça donne un cerveau dysfonctionnel qui ne réfléchit plus, dont le seul véritable outil est la mémoire. Et la partie qui fait angoisser aussi.

Je m'en fous qu'ils n'aient ni montre ni parapluie. Ce qui m'agace c'est cette fierté vantarde pour une chose profondément stupide. Avoir des principes imbéciles et se sentir au dessus de la masse pour ça.


Ah... je voulais juste faire une petite note de quelques lignes à peine.
On dirait que je suis frustrée.
Peut-être que je le suis?