Clémentine
Y'a de ces artistes parfois qui me désinspirent au point où tout est à remettre en question, où le monde de l'art devient absolument méprisable; de grands ou de piètres parleurs (les deux se peuvent et les deux me rebutent) qui me convainquent que jamais, oh non jamais de ma vie je ne deviendrai artiste professionnelle pour que l'on me paie à conférencer stérilement au sujet de mon oeuvre.
Pourquoi l'artiste doit-il être en perpétuelle remise en question, en crise d'identité interminable; quand cessera-t-il ses revendications de reconnaissance? À quand l'acceptation d'une sensibilité pas nécessairement intellectualisée, d'une différence floue, mal identifiée mais respectée, simplement, sans plus, sans quête d'une augmentation du capital symbolique de l'Artiste? Sans jouer sur le sens des mots, sans chercher à devenir chercheur/ scientifique/ explorateur/ philosophe/ politicien/ guerrier?
Où est donc l'artiste?
Pis moi là dedans?
En même temps que je m'offusque de cette surintellectualisation de l'artiste, je m'indigne aussi des propos dont on nous a gavés tout l'après-midi: comment un homme avec une conception du monde aussi simpliste peut-il être parvenu à une telle reconnaissance? Charismatique, c'est vrai. Mais pourquoi ai-je l'impression que tout son discours est venu s'ajouter superficiellement à sa pratique pour se soumettre à la demande de l'institution, de la mode, du public, que sais-je, plutôt que d'être de réelles convictions qui ont mené à la réalisation d'oeuvres?
Pourquoi ce gars-là se sent-il obligé d'en mettre autant? Pourquoi ne nous avoue-t-il pas que son seul et unique désir était de jouer?
Je sais pas combien de mots j'ai inventés/torturés dans les dernières minutes, mais tout ce que j'étais venue dire au départ c'est que:
C'est cave, parler de la société à la troisième personne, de s'y soustraire totalement.
Et pendant que j'y suis... J'ai encore cette horrible odeur de clémentine dans le nez. Après demain, nous serons en avril. À ce temps-ci de l'année, si un fruit sent dégueulasse, c'est bien la clémentine. Mangez les chez vous si vous les aimez, venez pas nous lever le coeur avec ça pendant les cours.
(Entre vous et moi, vous faites bien ce que vous voulez, ce n'est pas véritablement un ordre.)
Pourquoi l'artiste doit-il être en perpétuelle remise en question, en crise d'identité interminable; quand cessera-t-il ses revendications de reconnaissance? À quand l'acceptation d'une sensibilité pas nécessairement intellectualisée, d'une différence floue, mal identifiée mais respectée, simplement, sans plus, sans quête d'une augmentation du capital symbolique de l'Artiste? Sans jouer sur le sens des mots, sans chercher à devenir chercheur/ scientifique/ explorateur/ philosophe/ politicien/ guerrier?
Où est donc l'artiste?
Pis moi là dedans?
En même temps que je m'offusque de cette surintellectualisation de l'artiste, je m'indigne aussi des propos dont on nous a gavés tout l'après-midi: comment un homme avec une conception du monde aussi simpliste peut-il être parvenu à une telle reconnaissance? Charismatique, c'est vrai. Mais pourquoi ai-je l'impression que tout son discours est venu s'ajouter superficiellement à sa pratique pour se soumettre à la demande de l'institution, de la mode, du public, que sais-je, plutôt que d'être de réelles convictions qui ont mené à la réalisation d'oeuvres?
Pourquoi ce gars-là se sent-il obligé d'en mettre autant? Pourquoi ne nous avoue-t-il pas que son seul et unique désir était de jouer?
Je sais pas combien de mots j'ai inventés/torturés dans les dernières minutes, mais tout ce que j'étais venue dire au départ c'est que:
C'est cave, parler de la société à la troisième personne, de s'y soustraire totalement.
Et pendant que j'y suis... J'ai encore cette horrible odeur de clémentine dans le nez. Après demain, nous serons en avril. À ce temps-ci de l'année, si un fruit sent dégueulasse, c'est bien la clémentine. Mangez les chez vous si vous les aimez, venez pas nous lever le coeur avec ça pendant les cours.
(Entre vous et moi, vous faites bien ce que vous voulez, ce n'est pas véritablement un ordre.)
