26 août 2006

Dualité

Y'a celle qui prend sa vie au sérieux, avec une attitude à peu près réaliste; études universitaires et ce qui vient avec, on aura un avenir, lui et moi, confortable.

Puis y'a celle que l'autre essaie de faire taire, celle qui se re-révèle sur la pointe des pieds à mesure que je lis La fille de l'Ouest.
Au fond, c'est de cette maison-navire dont j'aurais réellement envie. Une plaine, une forêt. Un jardin à cultiver, quelques arbres fruitiers. Des poules et des coqs à tuer à l'automne. Chauffer ma maison au bois, celui que j'aurai coupé, fendu, séché et rentré. Faire ma quasi dizaine d'enfants et les laisser se baigner tout nus dans l'étang. Loin, pas de tout, mais presque. De tout le monde surtout. Mais pas trop loin. Pour qu'ils aillent à l'école et que j'aille à l'épicerie. Il faut de la viande dans un congélateur, et la chasse, c'est la dernière activité de la nature qui va m'intéresser. Le canard, le mouton, le chien, on ne les aurait pas pour les manger, mais pour les aimer.
Je sais pas de quoi on vivrait, les enfants seraient pas heureux. Internet, le câble, la mode, être comme les autres, ça coûte pas rien.
...
Et cette vie-là, c'est pas René qui en voudrait.

04 août 2006

Suite



D'abord Gaby, puis René. Pourtant y'avait rien à voir.

01 août 2006

La bouche pleine de bleuets

Il y en a tellement qu'on vire un peu folles.
On remplit notre chaudière, on sait pas ce qu'on en fera, mais on se lève le lendemain matin et on ne pense qu'à y retourner.
L'autre nuit, je me suis réveillée en criant, assise dans mon lit, les bras devant le visage. Y'avait des petits vers à bleuets partout autour de moi.
Même les fourmis rouges géantes qui tentent de protéger leur territoire de la façon la plus agressive qui soit ne nous empêchent pas de revenir. On revient un peu plus nerveuses, on s'accroupit moins n'importe où, on sursaute à chaque fois qu'une branche de genièvre ou de rosier nous frôle la jambe, mais on revient toujours!

Le pire, c'est que les grappes sont encore pleines de bleuets blancs.
On en a pour longtemps à voir bleu quand on ferme les yeux.