30 avril 2006

1...

2...

3...


GO!

27 avril 2006

Je t'aime maman

Dès mon retour à l'appartement, j'ai téléphoné là d'où je venais pour avoir des nouvelles de ma glande thyroïde. Ma mère partait travailler, la discussion s'est pas éternisée. Une minute plus tard, ça sonne.
"Ma 'tite api, j'avais juste oublié d'te dire que j'ai passé des très belles journées de congé avec toi pis que j't'aime fort.
- Ah, moi aussi maman!"
Je pouvais pas dire plus que "moi aussi". Ça fait quelques années à peine qu'elle a commencé à me dire qu'elle m'aime, et chaque fois ça me surprend. Non, je ne suis pas de ces enfants mal aimés qui n'ont jamais eu de preuves d'amour et qui ont manqué d'affection. Je sais tellement que ma mère m'aime que je ressens absolument pas le besoin de me l'entendre dire; j'ai jamais été habituée à ça non plus.

Dans ma vie j'ai dû lui dire moins de cinq fois que je l'aime, et à toutes les fois, ça m'a fait bizarre, pas naturel, embarrassant. Pourtant je l'aime!
Je comprends pas pourquoi c'est si difficile à dire.

20 avril 2006

Dernière impression

Dire que cette classe se souviendra de moi comme celle qui a pleuré en présentant son dernier projet. Et le pire, c'est que je me rappellerai de ce cours comme celui pendant lequel j'ai pleuré en présentant mon dernier projet.

C'est tellement honteux.

Je me concentrais si fort à ne pas pleurer, qu'aussitôt que j'ai entendu ma voix trembler un peu, j'ai paniqué, et d'un doigt au coin de l'oeil j'ai essayé d'arrêter une larme. Il était trop tard, je pleurais. Silencieusement, mais tout le monde l'a vu quand même.

Le plus terrible, c'est que, tous ces gens qui, par la suite, m'ont assuré que mon projet était très bien, je ne saurai jamais s'ils l'ont fait par pitié.

17 avril 2006

Reculons

Shampooing protecteur, shampooing fortifiant, volumisant, vivifiant, énergisant, anti-pelliculaire, hydratant. Pour cheveux secs, abîmés, fins, frisés, bouclés, gras, endommagés, colorés, racines grasses pointes sèches... *


Shampooing/revitalisant. 2 en 1. Cheveux normaux.
Ah! Merci!

Le 2 en 1 est en voie de disparaître, c'est pas assez payant pour une compagnie.
Et bientôt, les cheveux normaux seront exterminés de la surface de la terre.



*Reprendre l'énumération et remplacer le mot shampooing par revitalisant.

16 avril 2006

La ligne orange, le 13 avril 2006

Le jour où on a fait des dizaines d'aller-retours un peu partout pour faire la demande de passeport de René, ce qui était le plus long et le plus pénible, c'était la traversée du complexe Desjardins, la course du métro Place des arts jusqu'au complexe Guy-Favreau.
Vers 1h30, j'ai dû le laisser seul au bureau des passeports pour me rendre à mon cours. Au bas des escaliers mécaniques, j'ai vu une pancarte m'indiquant de prendre à droite pour le métro. On était toujours passés par la gauche, mais comme une pancarte ne m'indiquerait sûrement pas le chemin le plus long (sauf chez Ikéa), j'ai choisi de la suivre elle. Effectivement, sa station était plus près, et ne serait-ce que pour les deux pigeons au haut des escaliers, ça a valu la peine de prendre cette direction.

Au moment où le métro est arrivé, il a ouvert ses portes (d'une façon qui m'a semblée assez brusque) avant même d'être totalement immobilisé, et à peine les portes avaient-elles eu le temps de s'ouvrir qu'un petit monsieur sorti de nulle part s'y est précipité en courant, me passant sous le nez, pour s'emparer du dernier siège de libre. Personnellement je m'en foutais un peu du siège, mais la vieille dame l'aurait peut-être pris, elle. Après, j'ai cru qu'il était peut-être pas tout à fait bien dans sa tête, parce qu'il s'est mis à me faire des grimaces... Mais j'en ai jamais compris le sens, s'il se moquait de moi ou s'il me trouvait sympathique. En fin de compte, j'ai flanché et j'ai arrêté de le regarder.
Arrivé à Berri-Uqam, les portes se sont encore ouvertes aussi vite, j'étais tout près d'elles, prête à sortir. Mais j'ai même pas eu le temps de mettre le pied dehors que déjà j'étais bousculée, coincée entre un monsieur et sa roue de bécycle et une autre personne qui pouvaient vraiment pas attendre pour entrer.
Que c'est ça!?
J'ai dit tout haut: Vous pourriez quand même attendre qu'on sorte.
Mais ça a dû sonner comme si je le disais à moi même et avec leur montée d'adrénaline pour entrer dans le métro, ils ont certainement rien compris de mon commentaire.

Et après ça, on aurait dit que toute ma journée s'est gâchée.
Pour un voyage de deux stations sur la ligne orange.

Évidemment, j'peux pas m'empêcher de me dire que ce jour-là, la ligne orange avait quelque chose de démoniaque!

15 avril 2006

Entrée vaseuse

Rivière-Ouelle me manque, son vent frais, le fleuve, la vase, les crans, les rosiers, l'herbe salée, le varech, les roches à faire planer.
Depuis une bonne semaine, ça pue dans l'entrée.
Au quai, l'odeur de glaise, de sangsue, de sable humide, ça sent bon, ça sent vrai. Mais dans l'entrée et jusque dans les escaliers, c'est dégueulasse. Ça m'enlève le goût de descendre faire mon lavage.

Dans la salle de lavage à la cave, l'ampoule doit toujours rester allumée; on m'a avertie bien comme il faut.
Pour moi c'est imbécile de laisser une lumière allumée pour personne, alors chaque fois que je sors de la pièce, je l'éteins, surtout que l'interrupteur est juste à côté de la porte. Des fois, quand je redescendais chercher ma brassée, elle était déjà rallumée! Un moment donnée j'ai pris ça en main et posé une belle affiche à côté de l'interrupteur: Quelle est la nécessité d'éclairer cette pièce 24 h./24? Le lendemain elle n'était plus là. Quelle insulte!
J'ai continué d'éteindre la lumière à mes passages, et elle a continué de se rallumer aussitôt.

Quand on est allé racheter des jetons à Mme Richard, elle nous a demandé si la lumière de la salle de lavage restait toujours allumée maintenant.
- Euh... Ben...
Je dois dire que je comprenais pas trop le sens de la question.
- Parce que quelqu'un l'éteint tout le temps...
- Ah! Ben oui, c'est moi qui l'éteins.
Elle m'a dit d'arrêter ça, parce que ça fait peur aux gens qui vont faire leur lavage. "On sait jamais, quelqu'un peut être caché dans un coin." Voyons dont. C'est pas le noir absolu, on voit jusqu'au fond de la salle pis de toute façon la pièce est presque carrée; y'a pas de recoin où se cacher. Pis moi si je voulais aller me cacher dans une salle de lavage, c'est pas la lumière qui m'en empêcherait, je la fermerais en y entrant!
"Y'a aussi que la lumière ça aide à enlever l'humidité." Vraiment?

Après ça j'ai continué d'éteindre la lumière, mais pas pour les écoeurer... Juste parce que c'est une habitude et que je le fais sans m'en rendre compte.
La semaine après la discussion avec Mme Richard, René a rencontré son mari (en tout cas, celui qu'on appelle le concierge mais qu'on pense qui est son mari mais qu'on le sait pas réellement), et il lui a répété qu'on devait laisser la lumière de la cave allumée, que c'était la ville qui le demandait, pour une question de sécurité.

Ok ok! Je m'obstine pas! J'oublie de pas la fermer, c'est tout, j'oublie d'y penser.
Non mais, c'est tu con. D'habitude on oublie de fermer la lumière et on se fait chicaner de gaspiller l'énergie.

13 avril 2006

Pour un triple message

Ne serait-ce que pour la pollution sonore que ça produit, jamais je ne porterai de talons hauts!

Précision

René est arrivé dans la chambre, paniqué.
"- Moi! J'ai de l'intérêt pour toi! J'ai de l'intérêt juste pour toi!"

Il fallait que je le précise pour ne pas que ma centaine de lecteurs se fasse une mauvaise image de lui: René a beaucoup d'intérêt pour moi.

Lucidité ponctuelle

Je ne suis l'objet d'aucun intérêt.


Et aujourd'hui ça me fait chier!

10 avril 2006

Soixante-deux

Dimanche, grand-mère aura 62 ans pour la je sais pas combien ième années de suite. Dix ans peut-être. Elle a certainement dépassé le cap du 70. Y'a de ces moments qui marquent, sans raison particulière, et je dois dire que ce blocage-là, il est coriace. Pourtant, je lui ai offert des fleurs que je cachais derrière mon dos des dizaines de fois, la cabane à sucre, les têtes de violons, le tracteur parmi les arbres, grand-père et sa chemise à carreaux ; tout ça n'avait rien d'exceptionnel. Mais ce jour là, elle a eu 62 ans et après elle n'a jamais veilli dans ma tête. Chaque année elle a eu 62 ans. J'ai beau chercher, tenter de calculer de diverses façons, fouiller loin dans ma mémoire, réfléchir à sa fête de l'an passé, je n'ai aucune idée de l'âge qu'elle a présentement et de celui qu'elle aura dimanche.

Je viens de terminer une carte, ou enfin, le dessin sur le dessus, j'attends que ma mère me rappelle pour me dire quel âge elle aura, pour au moins le savoir lorsque j'écrirai mon message à l'intérieur. Elle sait très bien que j'arrive pas à retenir son âge, que je suis restée bloquée à 62, et je me gênerai pas pour le lui redire. Mais je tiens tout de même à savoir où on se trouve dans tous ces chiffres cette année.

Dernièrement elle est pas très en forme...
Même si je sais très bien que c'est pas comme ça qu'il faut penser, en dessinant, je me disais par moments que c'était peut-être mon dernier dessin pour elle, ou à tout le moins, le dernier que je lui donnerais. Y'a longtemps que je m'étais pas autant appliquée sur du coloriage, même si je sais qu'elle aurait été ultra heureuse de recevoir un simple "je t'aime" sur un bout de papier de toilette.
Peut-être que cette carte, je l'ai faite plus pour moi que pour elle?
Mais non, je veux tellement lui faire plaisir...

Ces jours-ci je tourne tout contre moi, toutes mes bonnes intentions, je les transforme en plan mesquins subconscients. C'est pas facile vivre avec moi.

En tout cas, je dessine encore comme une gamine, y'a pas de doute.

***

Ma mère vient d'appeler. Grand-mère aurait 77 ans. 77! Je crois qu'à chaque année je réagis comme ça... Quoi!? Autant que ça!?
Mais à ce qui parait, aujourd'hui elle allait très bien, elle est même venue à la maison.

08 avril 2006

Roteiro

Ontem, nós falámos da nossa partida, eu tomava notas e desenhava um calendário tempo René olha o guide du routard para me dizer o que nos vamos fazer. Seis dias em Rio de Janeiro para ver o pão de açúcar, o Cristo Redentor, o jardim botânico e o parque nacional. Talvez o Museu de Arte Moderna, e certamente, Copacabana. René disse: Nós não podemos ir no Rio sem andar em Copacabana. Depois, nós partimos na Ilha Grande para ver o paraíso sobre terra : quatro dias. Tem nenhum carro em sima a Ilha; é necessário passear em embarcação. J'ai hâte! Depois, nos tomamos o avião para Salvador; vamos passar 11 dias na cidade natal de René. Nos quereriamos fazer o excursão na Chapada Diamantina, mais é 400 quilómetros de Salvador; não sabemos se nos queremos fazer uma tão longo trajecto durante uma tão courta viagem...



En tout, on est là 23 jours. On arrive le premier mai très tôt le matin, et on repart le soir du 23.
En parler comme on l'a fait hier, ça donne tellement hâte... Les bagages à ne pas oublier, les trucs à éviter, ceux qu'on voudrait apporter mais qu'on est mieux de laisser ici, en sécurité. Regarder des images des endroits où on ira, de ce qu'on verra. l'Ilha Grande, c'est pas croyable, ils comparent ça au paradis terrestre et franchement, c'est de ça que ça a l'air. Le genre d'images sur lesquelles une fille comme moi (qui a jamais vu plus exotique que Shediac) fantasme depuis l'âge de 8 ans...

07 avril 2006

Père et fille

Cette nuit je n'avais pas plus de 8 ans, des indiens se faisaient la guerre près de chez moi. Quand, au bout du quai, des canots ont commencé à arriver, je me suis faufilée le long de la paroi rouillée et les vagues me fracassaient contre elle. Une fois que trois gars ont été convaincus de mon innocence, j'ai pu fuir dans les bois; ma soeur courait devant moi, et malgré que j'avais rajeuni, elle avait toujours 18 ans, c'était elle, la grande soeur. Nous suivions un sentier abrupte, c'était calme et je n'étais pas essoufflée, ce n'était plus la nuit, la rayons du soleil s'infiltrait entre les branches, obliques comme à quatre heures de l'après-midi. Mais le temps pressait, je le sentais toujours, et sur mon chemin je récoltais des chiffres accrochés aux feuilles des chênes, et d'autres tombés parmis les feuilles mortes de l'automne précédent. Des chiffres métalliques, beaucoup de 9, je les mettais dans le bas de mon chandail que j'avais relevé pour en faire un balluchon.
Nous sommes enfin arrivées à une petite cabane, le sol couvert de brindilles séchées, la chaise que j'ai tenté de mettre contre la poignée de la porte s'est brisée, et nous ne connaissions pas la combinaison du cadenas, on se serait embarrées là si nous l'avions fermé. Assises près de la fenêtre, les cris de batailles nous sont parvenus et des dizaines de combattants se sont mis à défiler.
"- On devrait peut-être fermer les volets?
- Oui.
- Et la lumière aussi?"
Il y avait une ampoule suspendue au dessus de sa tête, et tout à coup elle avait les cheveux blonds et courts comme à 6 ans. J'étais redevenue la grande soeur.

***

Notre cabane est en flamme, je ne sais pas si on nous a aperçu en sortir. Je dévale le sentier, j'ai une carabine dans les mains, je suis seule, ma soeur n'est plus avec moi, mais quelqu'un me suit. Enfin sortie de la forêt, j'aboutis chez moi, je cours me cacher derrière le poulailler et me prépare à tirer celui qui me suit. Tout à coup il est là, très grand, je me demande si mes plombs le blesseront suffisamment pour qu'il ne me tue pas avant que j'y arrive. Je tire sur lui. Des dizaines de coups. Il ne tombe pas. Il court en effectuant un demi cercle autour de moi et mon père, sorti de nulle part, apparaît en face de moi, l'indien court entre nous deux et nous lui tiront dessus chacun de notre côté, et c'est exactement comme si nous nous tirions directement dessus.
On finit tous par tomber.
Cette guerre, c'était mon père et moi qui l'avions déclenchée...

04 avril 2006

À ce qui paraît

L'histoire n'existe pas en dehors des gens qui la racontent.

03 avril 2006

Aux baies citées

"Et demain on se rejoint ici, Pamela (nom fictif) va nous présenter son deuxième projet.
- Pamela?
(Rougissements.)
- Euh oui... Elle est grande (levée du bras haut dans les airs), brune...
- ...?
- Hum... Elle a fait, vous savez (mouvement circulaire du bras), le truc des petits... vous vous rappelez... pour son premier projet...
- Ah oui... celle qui a du sang indien, ou amérindien...?
- Oui, oui c'est ça."


C'est pas croyable le temps qu'on perd avec les tabous. Y'avait qu'à dire: vous savez, celle qui fait trois fois notre poids, et tout le monde aurait compris, illico! Pas de flâflâ.

01 avril 2006

Hâte

Première journée d'avril...
À la dernière, nous serons au Brésil!

E meu português esta muito mal! Não comprendo quase nada quando René me fala... Eu quereria apprender mais rapido, mas isto não se faz sozinho. Talvez que escrevo estas palavras para dizer a René: quero uma lição!

C'est fou quand on pense qu'il n'y a pas de traduction pour le mot hâte en portugais... En anglais non plus.
Comment ça se fait?
Un mot si important!