28 janvier 2006

Du savon plein la tête

"On commence une oeuvre pour soi,
On la finit pour les autres."

Ce n'est pas de moi, et je ne sais plus de qui c'est.

Que cherchent à dire les artistes?
René et moi sommes allés à Skol ce midi pour voir l'exposition de Patrick Viallet. J'ai aimé me retrouver dans la cabane de mousse, les photos d'un homme (lui-même?) "pris" dans un mur dégageaient quelque chose de particulier, et un trou réel dans un des murs nous a forcé à nous questionner. Peut-on y entrer? Pendant que je regardais tous les recoins de la cabane à l'odeur de colle, René s'aventurait dans le trou après avoir enlevé ses souliers.
Finalement, on pouvait y aller, dans le trou du mur.

Du savon plein la tête, c'est le titre de l'expo.

Je me demande ce qu'il avait en tête, à part du savon.
S'il avait vraiment quelque chose à dire comme on tente de nous le faire apprendre à l'université (il faut un propos, une démarche, une intention...)

Je crois que c'est ça qui me dégoûte le plus. Le fait qu'on veuille faire de nous des artistes, des vrais, selon leur définition. Qu'on ne puisse pas seulement être là pour bricoler.

23 janvier 2006

A+

La semaine passée, travailler sur photoshop m'a fait redécouvrir mon côté perfectionniste que je croyais avoir laissé derrière moi, sans trop m'en inquiéter, au début du secondaire. La folie du détail que je sais pertinemment être la seule à déceler, l'envie d'une perfection, le besoin de savoir que j'ai tout fait ce qui était possible et que même avec trente heures de plus le résultat serait le même.
C'était juste bien enfoui, quelque part, comme mon ambition, non plutôt comme mon caractère exigent envers moi-même.

J'ai dû le dégaler lui aussi, en même temps que l'autre. C'est souvent se donner du trouble avec pas grand chose, mais inconsciemment je cherchais à retrouver ça chez moi, parce que j'admire les gens qui font beaucoup, et que j'admire la façon dont je travaillais quand j'étais plus jeune. Avec détermination et acharnement, et la fierté qui accompagne tout ça. Après je n'ai plus été très fière souvent. Fière du résultat, mais pas du travail accompli.

"Pour certains c'est du talent, pour les autres c'est de l'acharnement."
C'est mon père qui dit ça.
Peut-être que c'est prétentieux de le dire comme ça, mais je crois avoir du talent pour tout ce que j'ai envie, une certaine facilité et rapidité d'apprentissage. Mais plus ça va et plus je sens que je m'acharne en art pour arriver à faire "plus", comme si mon talent avait une limite, et en y réfléchissant bien c'était le cas pour à peu près tout ce en quoi je m'étais moindrement investie. Un talent polivalent, mais limité.

C'est peut-être la notation de l'université qui me ramène au désir de perfomer comme au primaire. Des A seulement. B c'est correct, mais C c'est la fin du monde. Je me souviens du seul D que j'ai eu, en cinquième année. J'avais pleuré. Plus tard, je coulais ma géo, et je m'en foutais. Avoir 75%, c'était bien suffisant. Puis, de retour avec les lettres, on dirait que ma perception change. Ou bien c'est juste moi qui change et qu'en réalité, l'explication de la notation, c'est juste une excuse poche.

Mais dernièrement, j'ai envie de rien. Je voudrais tout faire, mais il me manque l'énergie, il me manque le sommeil. Quand il est passé minuit et que ça fait une demie heure que j'attends de m'endormir, c'est la panique, l'angoisse, le stress d'être encore plus fatiguée le lendemain, et je me mets à pleurer d'écoeurement. Écoeurée de l'école, écoeurée de la vaisselle, du ménage, des repas, de ma plante qui meurt. Quand je dois me lever le lendemain matin, c'est pire.
Et si je n'étais pas capable, et si, moi, je n'avais pas la capacité de tout faire? C'est hors de question.
Ma mère et René disent que je choisis de faire ce qu'il y a de plus compliqué, que je pourrais faire plus simple et aussi bien. Mais je ne veux pas choisir ce que je fais en fonction du niveau de difficulté, baisser les bras devant le choix le plus intéressant avec l'excuse qu'il existe plus simple. Peut-être que c'est la complexité et le défi qui créent le caractère intéressant du choix...

Je dois avoir quelque chose à me prouver... Ça doit être ça. Je peux en faire autant que n'importe qui. Ça doit être ça...

Mais qu'est-ce qui m'arrive?

Je vais aller déjeuner.

21 janvier 2006

Martèlement

Y'en avait marre de toutes ces couleurs.

Ce nouveau background est une gracieuseté offerte par René; je lui ai pas demandé la permission puisqu'il attend présentement l'autobus pour se rendre à la bibliothèque, mais il me l'aurait donnée avec joie, c'est sûr.

On nous tappe sur la tête à coups de marteau depuis 10 heures, quelle sorte de bricolage ils font à l'étage, je le sais pas, mais heureusement j'arrive à l'oublier par moments. Et quand, tout à coup, je capte à nouveau le vacarme, il m'agresse davantage que la fois précédente.

Espérons qu'ils achèvent.

19 janvier 2006

Portrait d'un paysage

18 janvier 2006

Parenthèse

Après une course comme celle là, une course d'une quarantaine d'heures sans s'essouffler, fallait bien faire une sieste. (Il aurait fallu que je dorme moins longtemps pour avoir un peu plus envie de le faire maintenant, mais je n'ai pas fait l'effort de programmer le réveil, et René a pofité de mon sommeil pour jouer le plus longtemps possible. J'ai rêvé, comme ça faisait tellement longtemps que j'avais rêvé. De l'eau, beaucoup d'eau, des escaliers mécaniques dans les rochers, le rang de la Canelle qui passe à travers une maison, des amis... des amis de rêve puisque la plupart n'existent pas réellement.)

Mais une fois l'adrénaline retombée, le calme retrouvé après ce vacarme intellectuel, la sensation d'avoir besoin encore de vivre plus que ça revient, plus acharnée.
Il y a tellement de choses à faire.
Sauf qu'en ce moment j'ai pas le coeur à rien.

13 janvier 2006

Imposture

Je ne suis pas une artiste, voilà. Ce que je suis, je sais pas, mais pas une artiste.
Analyser, nommer, définir ma démarche. Comment?
D'abord je n'en ai pas. Je comprends même pas comment ça peut être clair pour qui que ce soit.
C'est à l'envie que je carbure, pas à l'inspiration.
J'ai rarement une idée.
C'est l'envie de faire quelque chose qui me fait trouver une idée (parfois même pas).
De la même manière que j'écris ici. De l'improvisation.
Si j'ai envie de peindre, je sors tout mon matériel, impulsive, et j'étends les couleurs qui m'inspirent à ce moment-là. S'il fallait attendre l'idée de génie, je ne ferais jamais rien. Et puis, le pire, c'est que quand j'ai une idée derrière la tête, un quelconque message, je ne reconnais plus le résultat comme quelque chose venant de moi.
Je suis pas une artiste.
Une imposteure, voilà.
Ce début de session m'angoisse, je ne me sens pas à la hauteur, pas comme ceux avec qui je partage les classes, d'ailleurs je reste toujours seule. L'insécurité me vole toute ma confiance. Je ne suis pas une artiste, et c'est précisément de l'être que l'on attend de moi.
C'est quoi, être artiste?
Je dois quand même pas être la seule à faire semblant...

12 janvier 2006

La poubelle à cents

C'est pas croyable ce qu'on peut remarquer comme stupidité quand on regarde comme il faut au bon (ou au mauvais) endroit.

Je suis passée à l'épicerie en revenant pour acheter des tomates pour ma soupe que j'ai dû faire patienter tout l'après-midi dans le frigo. En fin de compte j'ai pensé qu'on manquerait de riz et de fromage bientôt, comme d'habitude j'avais pas de panier (ça exaspère René, mais il était pas là) alors je me suis retrouvée les mains pleines à la caisse. Un petit monsieur bronzé m'a accueillie en me saluant chaudement et en me montrant l'espace libre sur le tapis, à côté de son pain et sa quille de Wildcat 10%. Grand sourire sincère, merci beaucoup monsieur (pas pour la place sur le tapis mais pour le bonjour sympatique.)

Ça lui a coûté 7,71, ou 8,71. En tout cas, quelque chose avec 1 cent. Le monsieur donne un vingt à la caissière, elle sort deux cinq, de la monnaie, et là, casse un rouleau de 1 cent avec une certaine difficulté. Je la regarde bien attentivement parce que je réflichissais justement au fait que donner 4 cents au lieu d'un 5 cents bien rond, c'est con. Elle dépose dans son tiroir le bout de rouleau qu'elle tenait dans sa main gauche, prend 4 cents et tend le change au monsieur. Je pouvais bien accepter que les règles dans un métro plus soient strictes au niveau des 1 cent, mais là ou ça marche pus, c'est quand elle jète l'autre morceau du rouleau (supposément vide), et qu'il reste encore un cent (ou peut-être plus) dedans.

Ça aurait été quoi de donner 5 cents au monsieur, tant qu'à les jeter?

C'était peut-être ben stressant de défaire son rouleau avec un monsieur qui attend, une fille qui te regarde jouer dans ton argent pis une file derrière, mais quand même. On parle d'une madame expérimentée, pas d'une petite nouvelle les joues rouges la broue dans le toupet.

Peut-être qu'elle a juste pas vu qu'il en restait dans le rouleau.
Mais non! Elle avait l'attitude de la personne qui a conscience de faire une stupidité et qui est trop avancée dans son action pour y mettre fin. Espère que personne voie rien.

J'aurais dû lui dire. Madame, vous venez de jeter des cents.
-Ah oui? T'es sûre?
-Oui oui, maintenant fouillez donc dans votre poubelle, hypocrite!

On dira que je fais une tempête dans un verre d'eau.
Bof, je suis pas susceptible.

J'aimerais qu'on m'informe, si une caissière d'épicerie me lit, quand votre caisse balance pas, devez vous payer vos shorts? Ou même, devez-vous veiller à ce que votre caisse balance?

11 janvier 2006

Oublier le message

Je me relisais, le curseur sur le P de l'option 'Publier le message', prête à l'envoyer.
Puis, petite panique pendant la fraction de seconde suivant mon clic, j'ai cru lire 'Oublier le message'.

Pluie de janvier

Nos bancs de neige fuient dans les égouts.
Y'a un étang à enjamber à chaque fois que le trottoir se plie et laisse passer une rue.
Et un lac immense dans le stationnement du St-Hubert, en plein milieu.
J'ai pas hâte au printemps!
En plus qu'ici, on n'aide pas l'eau.
Ça se creuse pas des rigoles, dans l'asphalte.

10 janvier 2006

Censure

Hier, un prof nous vantait les vertus de tenir un journal de bord pour observer et approfondir sa démarche artistique, précisant que ça pouvait prendre plusieurs formats.
"Ça peut être un blog...
Du moment que c'est spontané et surtout, que vous ne vous censurez pas."

Ok, on oublie le blog.

09 janvier 2006

Sincérité

Depuis le premier au matin que ça me brûle de l'écrire, et puis non, rien. Je veux écrire ici sur n'importe quoi et puis rien, pas tant que j'aurai pas écrit Ça.
En pyjama les pieds gelés debout sur la trappe de chauffage de la fournaise je l'ai écrit dans mon cahier, ça m'a pas fait de bien.
Dans le bain callée jusqu'au menton je l'ai raconté à René, ça m'a fait y penser moins après.

Faudra ben que je m'exorcise.

Pardonnez-nous comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensé. Je me le demande si ça existe vraiment. Pas Dieu... Le pardon.
"Moé j'pardonne.... mais j'oublie pas!"
Beau pardon. C'est quoi pardonner si c'est pas oublier? Pas oublier les faits, mais oublier ce que ça nous fait, oublier que ça a fait mal, oublier le mauvais, en extirper un petit peu de bon.

Et s'excuser sans regretter, c'est acceptable?

Ma sincérité vaut pas deux cents, c'est ça que ça doit vouloir dire.
Je m'excuse sans regretter et je pardonne jusqu'au moment où on me demande pardon.
Pendant toutes ces années mises ensemble, j'ai jamais eu autant de rancoeur, de colère, de mépris pour lui que maintenant.
J'en voulais pas de ces excuses qui m'humilient davantage face à moi-même.

Je suis écoeurée. Pas dans le sens commercialisé; je suis pas tannée mais écoeurée.
Je suis écoeurée comme le dit Mille Milles.